VÉRITÉ
#3 Entreprendre pour être libre : l’illusion et ce qu’elle cache vraiment
avec Gwenaëlle Gonzalez, cofondatrice de NUOO et fondatrice de Lusitano Selection
L’épisode en résumé
Gwenaëlle Gonzalez a cofondé NUOO à 23 ans, depuis le Portugal, en pleine année de césure. Sept ans plus tard : 170 marques référencées, 6 boutiques, des centaines de milliers de colis envoyés, une levée de fonds, des passages TV, un livre. Un parcours qui impressionne.
Et puis elle est partie. Pas parce que ça allait mal. Parce qu’elle voulait retrouver la liberté pour laquelle elle avait tout construit — et qu’elle réalise ne jamais avoir vraiment eue.
Dans cet épisode inaugural de Vérité, Gwenaëlle parle sans filtre de l’illusion de la liberté entrepreneuriale, du sacrifice normalisé, de la prison qu’on construit soi-même — et de ce qu’elle a appris en quittant « le monstre qu’elle avait créé ».
Ce que vous allez découvrir
Citations de l’épisode
« Monter ma boîte était synonyme de liberté. Je l’ai cru pendant longtemps. Et puis j’ai réalisé : je suis devenue prisonnière du monstre que j’avais créé. » Gwenaëlle Gonzalez
« J’ai souvent considéré l’argent comme ma porte pour la liberté. Énorme erreur. Où s’arrête l’argent ? Ton passeport pour la liberté, il est à quel prix ? Ça ne s’arrête jamais. » Gwenaëlle Gonzalez
« On a trop sacrifié nos finances et notre confort pour la boîte. Et ça n’aurait rien changé — on aurait gardé la tête plus froide, plus d’énergie. » Gwenaëlle Gonzalez
« Ça ne peut pas fonctionner d’être sur du sacrificiel. L’entreprise prend tout ce que tu lui donnes. » Gwenaëlle Gonzalez
À propos de Gwenaëlle Gonzalez
Cofondatrice de NUOO (cosmétiques bio, 170 marques, 6 boutiques, qu’elle quitte en 2022 après 7 ans) et fondatrice de Lusitano Selection (sélection et valorisation de chevaux lusitaniens au Portugal). Elle est également mentor au sein du MasterMind LiveMentor.
Pour aller plus loin
→ Lire le dossier blog : Entrepreneur, à quel prix ? Ce que personne ne dit sur le vrai coût de réussir
→ Écouter aussi : Ep. 56 — Fatigue entrepreneuriale : ton business fonctionne, mais tu t’éteins (Léa Mispoulet)
→ Découvrir le collectif L.I.B.R.E.S. — l’espace pour traverser ces seuils entourée
→ Réserver un entretien avec Ombeline pour un accompagnement privé.
Transcription de l’épisode
Ombeline — Un grand merci d’avoir dit oui à mon invitation pour créer cette conversation ensemble pour ce podcast Vérité, pour élever la conscience des entrepreneurs et des chefs d’entreprise.
Gwenaëlle Gonzalez — Et ben merci de m’avoir invité, je suis ravie d’être avec toi sur cette discussion et ce podcast.
Ombeline — Alors, comme je le disais en introduction, pour te présenter déjà et même avant de te présenter, est-ce que t’aimerais dire où est-ce que tu es maintenant pour qu’on puisse t’imaginer dans ton environnement ?
Gwenaëlle Gonzalez — Alors là je suis dans ma maison. Je suis dans la partie dédiée maison d’hôte de chez moi, donc à l’étage, un grand étage sous comble, avec vue sur l’étang du domaine parce qu’en fait on a notre maison et la maison d’hôtes en Sologne, dans 10 hectares de forêts. Donc voilà, ça me ressemble bien, c’est le côté nature, c’est très bien donc voilà où je suis aujourd’hui.
Ombeline — Magnifique. Et puis en tout cas moi je t’imagine très bien, bon après je triche, je connais un peu les photos du domaine aussi. On mettra d’ailleurs tous les liens de toutes tes entreprises dans la description de ce podcast. Et je le disais en introduction, avant de te retrouver que effectivement, tu étais multi-entrepreneur, serial-preneur comme on dit déjà à l’âge de 30 ans. C’est un parcours qui est extraordinaire, qui en tout cas moi une personne qui m’inspire beaucoup aussi. Alors, les gens te connaissent par NUOO dont on va certainement parler aujourd’hui, mais il n’y a pas eu que NUOO dans ta vie. Est-ce que tu aimerais nous partager un peu les moments clés ou les étapes clés de ton parcours ?
Gwenaëlle Gonzalez — avec plaisir, je vais essayer d’être synthétique parce que sinon on est là pour 2-3 jours facilement. Non je plaisante. Les grands moments clés de ma vie, alors déjà ce qu’il faut savoir c’est que j’ai toujours été à la fois très ambitieuse et puis à suivre mes envies et mes instincts, donc toute ma vie sur 30 ans ça a été ça, mes envies, mes instincts en permanence.02.42 Donc moi j’ai fait une prépa et pour intégrer Sciences-Po que j’ai eu au concours et à la base, depuis que j’étais au début du collège, je voulais faire magistrature, donc rien à voir. Alors ce n’est pas du tout ce qui m’attendait, parce qu’en fait je me suis dit que finalement ça allait être compliqué de rentrer dans un moule. Ca me correspondait pas et en fait je pense que le tournant de ma vie a été de partir à l’étranger pendant ma 3ème année à Sciences Po, parce qu’en tant qu’étudiant Sciences Po, on doit tous partir à l’étranger. Et on a le choix entre Erasmus et un stage professionnel à l’étranger. Tous mes amis partaient en Erasmus ou en ambassade en Australie, en Amérique latine, aux États-Unis, et cetera. Et moi j’ai fait 15h de voiture et je suis partie au Portugal. Voilà donc c’est très bien pour aller travailler dans les chevaux, dans l’univers du cheval lusitanien. Les chevaux, c’est le grand amour de ma vie et le lusitanien également. Donc je suis partie pendant un an travailler au milieu des chevaux dans un élevage et puis aussi dans le tourisme. Et ça a été un moment décisif parce que c’était un moment où je suis devenue très indépendante et où je devais me débrouiller toute seule. Je parlais très mal anglais, je parlais pas un mot de portugais et où là je me suis dit, bon il va falloir quand même te débrouiller et parce qu’avant je ne l’étais pas du tout et je stressais rien que pour un appel à EDF, ce qui est compliqué quand même. Voilà, et ça a été le grand déclic de ma vie et c’est d’ailleurs à la fin de mon année au Portugal que j’ai eu l’idée de NUOO et je suis revenue en France avec cette idée que j’ai porté sur un concours d’étudiants entrepreneurs. Quand j’y pense quand même cet enchaînement, il est un peu fou. Et puis voilà à la fin de ma 4e année, la société était juridiquement créée et voyait le jour commercialement donc avec mes 2 associés, Maxime et Julie en novembre 2015, alors que j’étais encore étudiante pendant une année de césure. Donc ça c’est le grand départ de ma vie entrepreneuriale. Mes parents ont pas compris ce que je faisais. Ils ont eu peur que je reste vivre au Portugal. Après je reviens avec une entreprise de e-commerce dans les cosmétiques bio et naturelles avec une box beauté, donc ça paraissait complètement fou. Et puis et voilà, et après ça a été 7 ans de vie entrepreneuriale avec NUOO. 7 ans de vie pendant lesquelles pardon on a recruté, on a référencé des dizaines et des dizaines de marques, on a envoyé des dizaines, des centaines de milliers de colis, ça a été incroyable. Ça a été une expérience juste folle et je dis toujours que ce que j’ai appris, c’est la résilience, c’est un mot un peu galvaudé que tous les politiques utilisent aujourd’hui, mais qui pour moi fait vraiment sens et en fait, j’ai quitté ma société en novembre dernier donc c’est tout récent. Ça fait 3 mois à peine parce que j’avais envie d’aller dans d’autres projets parce que voilà, je suis plus un profil très créatif, instinctif. Je m’ennuie très vite aussi et je m’étais toujours dit que l’année de mes 30 ans, je quitterai la société, qu’elle soit vendue ou un autre schéma pour aller dans d’autres projets et aussi après avoir mené les projets qui me tenaient à cœur à bout, à savoir le digital, c’était bien, c’était lancé, c’était bon. On avait énormément de marques quasiment 170. Le projet boutique donc avec 6 boutiques aujourd’hui et bientôt 7. Et le lancement de la marque propre NUOO qui a vu le jour l’année dernière, donc au moment où je quittais où je quittais NUOO, qui a été un super succès. Donc voilà, je me disais qu’après tout ça je pouvais y aller. Entre-temps il y a eu aussi des passages télés, un livre écrit. J’ai eu quelques petites nuits blanches, pleins d’épisodes complètement fous mais voilà, c’est le moment pour moi de de partir, j’en avais envie, j’en avais besoin. Ça a été quand même très difficile. Alors pas difficile dans le sens où j’étais meurtrie de partir, triste de partir, non pas du tout. Ce qui a été difficile pour moi, ça a été de passer de quelqu’un donc j’étais Gwenaëlle, cofondatrice de NUOO à juste Gwenaëlle 07.50 en fait, et là, c’était un peu plus compliqué déjà. En fait, j’avais réfléchi déjà à ce que j’allais devenir, à ce que j’allais être. J’avais déjà d’autres activités de lancées depuis quelque temps, notamment dans les chevaux avec le grand projet Lusitano sélection, pour aller sélectionner des chevaux lusitaniens au Portugal, les valoriser en France, les faire travailler avec notre partenaire cavalière de dressage et puis les vendre parce que je me suis associée aussi avec, mon compagnon Alex, qui est l’homme qui partage ma vie. Et plus voilà cette maison d’hôtes, donc j’avais déjà d’autres projets. J’étais également mentor sur le mastermind de chez Live Mentor, donc avec Alexandre Dana et puis aussi Hugo Du Plongeoir. Donc voilà, j’avais déjà des activités, mais la grande question, c’était au-delà de ce que je faisais, de ce que j’allais faire, c’était qui j’allais être. Bon j’ai pas encore la réponse à la question exactement mais voilà, c’est pour ça que ça a été plus difficile, on va dire de quitter cette société et d’avoir vraiment et puis de se dire…
Ombeline — Tu en avais conscience avant de partir que t’avais pas encore répondu à cette question ?
Gwenaëlle Gonzalez — j’en avais conscience avant de partir et puis finalement NUOO c’était 8 ans de ma vie, j’ai jamais travaillé dans une autre société, j’étais étudiante, j’ai tout appris sur le tas. J’ai quand même pris des claques phénoménales. Mais bon, chaque fois, on se relève de toute façon, mais et en fait, voilà NUOO, c’était ma vie, donc c’était ma vie pro, c’était ma vie perso.
Ombeline — C’était ton identité professionnelle ?
Gwenaëlle Gonzalez — Et c’était mon identité, donc forcément j’ai quitté une identité et je dois m’en reconstruire une autre et c’est pas ce qui est le plus simple. C’est très simple de faire des choses. D’ailleurs je suis, pour rebondir sur le livre de Fabrice Midal, je suis porte verte, je suis dans l’action en permanence et je fais donc je suis, mais pour l’instant j’ai du mal à être en fait, c’est le grand concept, même si on peut-on peut partir un peu dans des grands concepts philosophiques. Être c’est plus compliqué quand même.
Ombeline — Et puis, c’est peut-être aussi le thème de la de la trentaine ? Moi j’en ai envie 42 donc je peux dire c’est peut-être le thème de de de la dizaine dans laquelle tu rentres, maintenant, c’est vraiment de bâtir une identité qui est toi quoi.
Gwenaëlle Gonzalez — C’est ça, exactement, c’est tout à fait ça. Donc après je pense qu’on passe toute sa vie à se poser ce genre de question mais c’est vrai que voilà, moi ça a été plus le fait de partir de chez NUOO, vraiment d’avoir ce côté, je matérialise, je ferme la porte. Enfin voilà c’est terminé. Le fait de le conceptualiser forcément, ça m’a fait poser plein de questions.
Ombeline — Alors bon, parce que du coup t’as déjà répondu à plein de questions que je voulais te poser.
Ombeline — Moi, ce que je trouve très beau aussi dans ce que tu racontes, c’est que finalement tu pars au Portugal pendant tes études à Sciences Po pour travailler dans le milieu du cheval parce que en fait, c’est le cheval qui t’amène à aller au Portugal.
Gwenaëlle Gonzalez — absolument, en fait. C’était ça a toujours été ma passion. Mes parents ont fait la grosse erreur de me mettre sur un poney et sur un cheval, parce qu’il y a des chevaux dans une partie de ma famille. Ils m’ont mise dessus, j’avais un an et demi et puis j’ai jamais voulu descendre. Donc je marchais à peine que j’étais déjà sur un cheval et après je réclamais tout le temps des poneys, des chevaux, des poneys, des chevaux et ça a toujours été.
Ombeline — Et il y en avait chez toi quand t’étais petite ?
Gwenaëlle Gonzalez — Non chez moi, j’en avais pas. Donc en fait, mes parents nous ont inscrites, ma sœur et moi parce qu’on a qu’un an d’écart, c’est la plus jeune. Elle a 29 ans et moi 30 et donc Manon et moi on allait dans un centre équestre poney club. Voilà, on y passait nos mercredis après-midi, tous nos week-ends, toutes nos vacances scolaires. C’était génial, donc on était le temps avec les poneys, les chevaux. Donc moi c’est quelque chose qui ne m’a jamais quitté et les chevaux ont toujours été là à des moments très importants aussi. C’est ce qui se passe souvent quand on est passionné de chevaux. Les chevaux sont toujours là à un moment assez clé et pour ma sœur, la passion n’a pas pris plus longtemps que ça. Elle a arrêté quand elle avait une vingtaine d’années. Mais bon, elle adore venir voir mes chevaux. Elle les aime beaucoup, puis en plus elle a eu 2 garçons donc on compte bien les mettre à poney.
Ombeline — Mais bon la vocation c’est plus toi qui a réveillé une vocation chez toi ? Et donc ce que je trouve magnifique, c’est que finalement c’est le cheval qui t’amène à NUOO.
Gwenaëlle Gonzalez — Exactement, c’est le cheval qui m’amène à NUOO. Alors je sais pas exactement quel est le lien, je vois pas trop encore. C’est compliqué de savoir mais en fait si tu veux, quand je vivais au Portugal j’étais passionnée de plein de trucs. Enfin, en fait, tout me passionne, si je me prends de passion pour quelque chose, je fonce, j’y vais tout de suite. Et en fait juste avant de partir au Portugal j’étais déjà fana de produits de beauté, des cosmétiques, des magazines féminins, j’étais dingue de ça. Un côté très fille et en fait quand j’étais au Portugal, je ne trouvais pas les produits comme je voulais et il y avait pas cette conscience du côté sain des cosmétiques, de tout le mouvement healthy qu’on commençait à avoir en France et puis dans d’autres pays, et ça n’y était pas encore au Portugal, alors que j’étais au milieu de la nature, que je pouvais courir tous les jours, faire du sport que j’étais à cheval. En fait, j’avais un lien avec moi pour prendre soin de moi qui était dingue, mais il me manquait les cosmétiques. Et en fait tout ça, ça a fait que ce projet est né et aussi parce que je me suis rendue compte, en travaillant dans les chevaux et en étant un peu mon propre maître, parce que j’ai eu un premier maître de stage, Tiago avec qui d’ailleurs j’ai toujours beaucoup de liens, que je vois régulièrement au Portugal, donc qui est éleveur de chevaux. Et en fait, il me disait que j’étais ingérable parce qu’en fait je bossais exactement comme je voulais bosser. Je pouvais bosser toute la nuit s’il fallait sortir des projets, arriver avec 3000 idées le matin, le pauvre, il n’en pouvait plus. Et en fait, voilà le fait de travailler avec Tiago déjà, je me suis dit OK, ça va être compliqué de travailler dans un autre contexte où j’aurais moins de liberté, moins de possibilités d’évoluer comme j’ai envie et dans un univers qui me passionne. Et puis après j’ai travaillé dans un autre endroit plus axé tourisme. Ça s’est un petit peu moins bien passé parce que justement, j’avais trop ce côté entrepreneur et entreprenant et du coup ça m’a un peu cassé. En fait je prenais ça tellement à cœur que j’y mettais toute mon énergie. J’y mettais toute ma volonté, tout ce que je pouvais et en fait, c’était vu comme trop. Et après j’étais jeune, hein, j’avais une vingtaine d’années et je me suis dit je vais devoir rentrer dans les rangs et puis finalement je ne suis pas du tout rentrée dans les rangs, absolument pas à la preuve. L’idée de NUOO a commencé, mon dernier été là-bas. Mais c’est vrai que j’étais tout le temps au milieu des chevaux. Mais je vois pas encore le lien entre NUOO et les chevaux, mais bon, l’année où je quitte NUOO il y a ce projet Lusitano sélection qui est né et qui me tenait tellement à cœur, c’est un rêve incroyable qui se réalise parce que j’avais toujours dit que j’y reviendrai, que je reviendrai aux chevaux parce que c’est un monde qui est difficile, et ce que je dis toujours c’est que c’est paradoxal. Le monde du cheval, c’est un monde qui est dur. Humainement, j’entends les gens entre eux, le business c’est dur alors que le cheval, c’est un animal incroyable d’une sensorialité dingue. Et il y a tout ça à côté qui noircit le tableau et je trouve ça complètement paradoxal en fait.
Ombeline — Parce qu’il y a l’argent en jeu ?
Gwenaëlle Gonzalez — C’est ça, il y a beaucoup d’argent en jeu, c’est un monde d’argent et je trouve que le cheval a cette noblesse. Et en fait le marché ne représente pas cette noblesse. Et puis c’est ce que je dis toujours aussi, c’est dingue là on est en 2023, pourquoi on s’intéresse encore aux chevaux en 2023 ? Alors qu’on a toute la technologie, les réseaux, tout pourquoi on s’intéresse encore aux chevaux ? C’est ça que je trouve incroyable quoi. Moi je les ai jamais lâchés, ils ne m’ont jamais lâché non plus et on essaye de ramener en tout cas de la noblesse avec Lusitano sélection ça.
Ombeline — C’est ça et en fait, tu sors du paradigme dont on parle beaucoup aussi dans l’entrepreneuriat et dont on a souvent parlé toutes les 2 qui est cette croyance de devoir choisir entre l’argent ou le cœur finalement. Et là avec Lusitano sélection tu casses ce paradigme.
Gwenaëlle Gonzalez — complètement. Là, en fait on répond d’abord à la passion et à la beauté du cheval, parce que c’est le cheval qu’on aime en premier et parce que voilà, il est hors de question d’aller dénaturer le cheval ou de nous dénaturer, nous pour du business. Voilà, ça, c’est ça fait partie de nos valeurs.
Ombeline — Le cheval transmet tellement d’amour.
Ombeline — Donc c’est magnifique, donc on remettra aussi bien évidemment le lien vers Lusitano sélection. Moi je me régale de voir les postes de Lusitano sélection sur Instagram avec ces chevaux qui sont d’une beauté, d’une élégance. Et puis enfin effectivement il y a tellement d’amour donc voilà donc merci Gwenaëlle d’incarner avec ce projet, avec Alexandre d’incarner que l’amour peut être la priorité et que ça n’empêche pas de créer de la valeur, ça n’empêche pas de faire circuler l’argent en fait.
Ombeline — Mais voilà, il faut remettre un petit peu les points sur les I et les choses à leur juste place.
Gwenaëlle Gonzalez — tout à fait. Et puis là, c’est vrai que donc dans cette aventure on est 3 donc avec Alex mon compagnon et puis Marie qui est cavalière pro au dressage, et qui est devenue voilà mon amie aussi. On s’entend incroyablement bien. On s’est rencontré sur Facebook, ce qui est quand même improbable, mais je sais pas, il y a eu cette connexion qui s’est faite avec Marie Paul.
Ombeline — Vous êtes 3 associés comme chez NUOO finalement.
Gwenaëlle Gonzalez — c’est ça et encore 2 filles et un gars tout à fait. Et donc Marie est dans les Hautes-Alpes. Marie est belge, elle est originaire de Belgique et elle a travaillé avec de très beaux élevages au Portugal, des cavaliers avec une renommée de dingue et en fait ce qui est fou, c’est qu’elle a ce talent, cette douceur, cette patience. Elle a cette connexion qui est dingue et en fait elle a ce don que moi j’aurais rêvé d’avoir en fait ce don avec les chevaux que certaines personnes ont et d’autres n’ont pas. Moi, je ne l’ai pas, elle, elle l’a et puis elle aime les chevaux. Et quand tu rencontres quelqu’un qui aime vraiment les chevaux, ça change la donne.
Ombeline — Quel est le don qu’elle a et que tu n’as pas ? Je n’ai pas suivi.
Gwenaëlle Gonzalez — Elle a un côté que je ne saurais même pas expliquer. Il y a une connexion qui se fait avec les chevaux, il y a une sensibilité de fou. Enfin je serai même pas expliquée et moi je ne l’ai pas en fait. Je n’ai pas ce côté, je ne vais pas dans cette sensibilité-là. J’en ai une autre mais c’est vrai qu’elle a un don avec les chevaux et elle est capable. Elle a énormément de patience ce que je n’ai pas et elle est capable aussi de faire d’un cheval qui va être peut-être compliqué, ou qui aura un qui aura eu un vécu un petit peu compliqué, elle va prendre le temps de comprendre, elle va tout essayer, elle va tester plein de choses bah pour que ça se passe bien et pour que le cheval soit bien en fait. Et ça fait quand même toute la différence vraiment et c’est une personne que j’aime énormément et qui est devenue très importante dans ma vie aujourd’hui. De toute façon on s’appelle ou on s’écrit tous les jours, et Marie, c’est vraiment c’était la belle rencontre de mon année 2021. En fait, je suis arrivée au bon moment dans sa vie et elle dans la mienne, donc voilà je pense qu’il n’y a pas de hasard de toute façon.
Ombeline — Bien sûr. Alors, il y avait une question que je devais te poser au début, que je t’ai pas encore posée, avec quoi, tu aimerais que les auditeurs repartent de notre conversation ?
Ombeline — On a abordé déjà beaucoup de choses.
Gwenaëlle Gonzalez — C’est une question très difficile. Je dirais que j’aimerais peut-être que les personnes qui nous écoutent repartent en se disant, OK, je vais accepter, peut-être de m’écouter plus, mais dans le sens, accepter d’écouter ses envies aussi. Et peut-être accepter d’écouter ses envies et aussi son instinct et de ne pas suivre une voie, comment dire, qui est dictée par quelqu’un d’autre ou quelque chose d’autre en fait. 22.19 C’est peut-être ça, c’est quelque chose que je me serais souhaité aussi parce qu’on peut se perdre en chemin. Ça nous arrive à tous. Mais je souhaiterais ça, ça serait super qu’il y ait plus d’écoute de ses propres envies et de son propre instinct, parce qu’on oublie souvent les 2.
Ombeline — Et puis ça va tellement bien avec l’énergie du cheval ce que tu dis. Un peu instinctif, sauvage, que cette fougue nous inspire.
Gwenaëlle Gonzalez — ça serait top, ça serait très chouette.
Ombeline — Et d’ailleurs enfin moi je trouve ça hyper intéressant aussi de faire tout ce parallèle entre le dressage du cheval dans le respect de sa nature sauvage, de son instinct. Ça m’a toujours interpellé en fait et un jour, quelqu’un m’a dit que le cheval aimait être dressé, aimait être en compétition, et cetera. Qu’est-ce que tu en penses de ça, toi ?
Gwenaëlle Gonzalez — Alors en fait, c’est difficile de faire une généralité parce que chaque cheval est différent et qu’en fait non tous n’aiment pas ça. Il y a des chevaux qui aiment avoir ce cadre, qui aiment être dressés, qui aiment être mis en valeur, et cetera. D’autres qui n’aiment pas du tout la compétition, la pression que ça peut apporter. En fait, chaque cheval est très différent et ce qui est intéressant, c’est de juste prendre un peu le temps quand même, de les regarder, de les écouter et de se dire, OK, celui-ci, qu’est-ce qui va faire qu’il est différent de l’autre, et comment je peux faire aussi pour que sa vie soit adaptée à ce dont il a envie, à ses choix ? Parce que les chevaux savent très bien s’exprimer, ça c’est une certitude. Ils s’expriment très bien. Si on accepte encore une fois de les écouter, et il existe aussi alors ça, il y a des personnes qui croient à d’autres qui n’y croient pas. Moi, personnellement j’adore et j’y crois et ça commence à bien monter dans l’univers du cheval, c’est ce qu’on appelle la communication, la communication animale et en fait, nous on fait des communications animales avec nos chevaux. Moi je le fais avec les miens, on le fait avec certains aussi Lusitanos sélections parce qu’on a besoin de savoir aussi ce qu’eux veulent, ce dont ils ont besoin et aussi est-ce qu’ils ont peut-être aussi des douleurs ? Est-ce qu’ils ont des traumas ? Mais en fait ils sont comme nous hein, ils ont un vécu, ils ont des préférences, ils ont des envies, voilà c’est ça les chevaux, c’est comme nous, sans vouloir faire de l’anthropomorphisme, ça reste des êtres vivants. Et contrairement à ce que pensent beaucoup de personnes, ils ont des émotions, ils ressentent les choses. Ils ont une conscience incroyable et d’ailleurs on dit souvent que les choses sont des éponges et moi je le vois bien. D’ailleurs pas plus tard que ce début d’année chute de cheval catastrophique où j’ai échappé de peu quand même au pire. Et en fait juste parce que j’étais dans un état émotionnel quand même compliqué depuis quelques semaines. Et puis ça a pété voilà donc boum, je suis tombée par terre pour la première fois depuis des années et ça a fini à l’hôpital. Et en fait, quand on est dans un état émotionnel on n’est pas dispo pour le cheval, il y a certains chevaux qui nous le pardonnent pas ou qui vont surréagir ou qui vont confronter à nous.
Ombeline — Il y a une exigence dans le lien au cheval qui est… Et en fait enfin, je pense que les auditeurs peuvent aussi faire le lien entre tout ce que tu partages, tout ce que tu exprimes à propos du cheval et un entrepreneur ou un chef d’entreprise ? Enfin, c’est finalement reconnecter à ses émotions, reconnecter à ses besoins, les exprimer. Enfin, il y a tu vois tout ce lien à au monde intérieur qu’on a tendance à rejeter dans le milieu de l’entreprise et de l’entrepreneuriat. Mais c’est ça qui vient nous apprendre le cheval aussi.
Gwenaëlle Gonzalez — Complètement. C’est vrai que le parallèle est très juste. Si tu refoules sans arrêt ou que tu masques ce que tu penses, ce que tu sens, ce que tu vis, il y a un moment où ça pète hein. Donc bah pour le coup les entrepreneurs ça va pas être une chute de cheval mais ça va être un burn-out, ça va être une dépression, ça va être un pétage de câble qui fait qu’on lâche la société. Enfin, ça peut être des disputes avec des associés, avec les salariés. Donc oui je pense que je pense que quand tu mets un mouchoir sur ce qui se passe dans ta tête et à l’intérieur de toi en tant que chef d’entreprise, là, ça va être compliqué. Oui complètement et je trouve que le parallèle est très bon et en général ça se finit pas très bien c’est vrai.
Ombeline — sauf si on s’en occupe avant ?
Gwenaëlle Gonzalez — Sauf si on s’en occupe avant. Et c’est vrai que c’est fou parce que, après encore une fois j’étais jeune mais avec mes associés on s’est lancés donc en 2015. On est tous les 3 quand même jeunes parce que donc moi j’ai 30 ans, Max 32 et Julie 34 et en fait tout ce côté santé mentale de l’entrepreneur, alors je crois que c’est une expression que j’ai commencé à avoir il y a quelques mois à peine donc en 2022. C’est fou mais avant on n’en parlait pas, on était toujours en train de parler du salarié, oui, mais quid du créateur de valeur aussi, du chef d’entreprise ou de l’entrepreneur. Pourquoi on n’a pas à prendre soin de sa santé mentale.
Ombeline — de la ressource humaine du dirigeant en fait, du fondateur ?
Gwenaëlle Gonzalez — C’est dingue. En fait, on fait quand même partie de ces personnes qui fournissent une quantité de travail opérationnelle et stratégique floue. On prend des risques dingues.
Ombeline — Et puis rien que le niveau d’énergie aussi.
Gwenaëlle Gonzalez — C’est fou. Enfin, je veux dire moi c’est pas compliqué jusqu’au COVID si j’ai pris 4 semaines de vacances dans l’année, c’était bien. Et encore les vacances je travaillais forcément à un moment ou à un autre. Ah oui c’était sûr bosser les soir tard, les week-ends, les jours fériés, ça n’existait pas. Combien de fois j’ai fait le service client le 25 décembre ou le 1er janvier. Se lâcher complètement en vacances en soirée, bah c’est compliqué parce que faut être tu comprends, demain y a ci et ça à faire. Le niveau d’énergie, d’implication est phénoménal et en fait, c’est un peu une spirale sans fin. C’est-à-dire que plus tu mets d’énergie, plus tu t’engages et plus la machine est difficile à arrêter. Donc en fait c’est tout le temps dans cet engrenage permanent de devoir donner de l’énergie, et encore plus, parce que la boîte va-t’en demander énormément et plus tu crois, plus ça te prend de l’énergie, c’est évident parce que tu as des enjeux après, qui sont déments.
Ombeline — Aussi parce qu’il y a ce paradigme qui est « je dois tout donner à l’entreprise ».
Gwenaëlle Gonzalez — C’est ça. Bah oui, parce que l’entreprise, c’est ta vie. En fait, donc il n’y a même pas une histoire de porosité finalement entre vie pro vie perso. Il n’y a pas de porosité parce qu’il n’y a pas de différence. Ta vie c’est la boîte.
Ombeline — D’ailleurs j’ai lu d’ailleurs une citation, quelque chose que t’avais dit en 2015 donc c’était au lancement de NUOO, tu disais : “avoir son entreprise, c’est une passion et c’était pour moi le rêve d’une vie”.
Ombeline — Tu as dit ça en 2015. J’ai trouvé ça sur le sur le site de Sciences Po Rennes, à l’époque des entrepreneuriales. Et en fait, tu imagines quand tu crées l’entreprise avec cette intention. Tu imagines le poids que ça fait porter en fait ? Alors je dis pas du tout ça pour te faire culpabiliser. Mais tu imagines en fait l’intention et je sais qu’il y a énormément de créateurs d’entreprises qui créent leur entreprise en mettant toute leur vie dedans. Ça fait porter un poids immense à l’entreprise et bien évidemment, ça en vient à être dans le sacrifice de l’intégrité du fondateur, parce qu’effectivement sa vie n’est pas l’entreprise. Et je voulais te demander, est-ce qu’aujourd’hui tu dirais la même chose ?
Gwenaëlle Gonzalez — Non, je ne dirais pas la même chose parce qu’alors après j’ai vécu une vie entrepreneuriale avec NUOO, en tout cas extraordinaire, ça c’est sûr. Même s’il y a eu beaucoup de bas, beaucoup de hauts, ça a été dingue, ça m’a appris beaucoup de choses aussi sur moi, même si je ne suis pas fan des bilans, je suis pas très fan de ça, mais ça m’a appris quand même beaucoup de choses. Ca fait ce que je suis aujourd’hui et ça fait toute ma vie d’aujourd’hui. Mais le rêve d’une vie, j’en reviens pas d’avoir dit ça. Non, je pense que quand j’ai dit ça, j’avais la fleur au fusil parce que je démarrais, parce qu’en fait j’étais dans cette idée et cette croyance, c’est quand même fou. Parce que je pense que je suis pas trop, je suis pas trop naïve et pas trop bête, mais j’étais vraiment dans cette idée que c’est dingue. J’ai créé ma boîte, je vais être ma propre bosse et je vais être libre en fait pour moi, monter sa boîte, c’était synonyme d’être libre.
Ombeline — Ce qui est une croyance qui est très fréquente. Il y a beaucoup d’entrepreneurs qui créent, qui deviennent entrepreneurs pour être libres.
Gwenaëlle Gonzalez — Mais c’est mais oui, c’est dingue et en fait c’est incroyable quand j’entends certains entrepreneurs, chefs d’entreprise que j’accompagne aussi en en coaching, mentoring, et cetera. Ils me disent bah oui enfin moi j’ai envie d’être libre, j’ai envie de me gérer comme je veux mais en fait on fait miroiter ça, puis même aujourd’hui, de toute façon tout ce qu’on entend les entrepreneurs, les chefs d’entreprise ont la côte. On pousse tout le monde à entreprendre mais déjà tout le monde n’est pas capable d’entreprendre, parce que tout le monde n’est pas capable de se gérer et tout le monde n’est pas capable d’encaisser ce qu’on peut encaisser à tous les niveaux de l’entrepreneuriat. Qu’on soit solo, preneur ou qu’on ait une boîte avec 400 salariés 33.00. Mais en fait, pour moi, vraiment, monter sa boîte c’était synonyme de liberté et je l’ai cru, pendant longtemps, et même parce que c’est marrant que tu me ressortes cette interview. Mais du coup, en écho, j’ai d’autres interviews qui me viennent à l’esprit même de plusieurs années après 2015 et où je disais toujours oui pour moi, être entrepreneur, c’est symbole de liberté. Alors qu’aujourd’hui je me suis justement, après avoir quitté NUOO, je me suis jamais sentie aussi libre, parce que j’ai plus, même si j’ai encore des parts dans la boîte et que je suis encore membre du Board, je n’ai plus cette pression que les autres m’ont mis pendant des années. En fait déjà moi, j’ai ma pression à gérer déjà, c’est quelque chose, ma propre pression, c’est un truc. La pression du regard des autres qui est toujours là, la pression de mes associés, de mes investisseurs et puis la pression des salariés et où tu rentres dans ce schéma quand même tu es actuellement j’aime pas dire ça, mais tu es le Boss. Et pendant des années tu dis il faut que j’arrive le premier le matin et je repars le dernier le soir. Mais elle est où ta liberté si tu fais 7h- 21h ? Elle est plus là et en fait non moi NUOO n’a pas été symbole de liberté.
Ombeline — Enfin, justement, je me disais, et si NUOO avait été vraiment un apprentissage de ce qu’est véritablement la liberté pour toi ?
Gwenaëlle Gonzalez — je pense beaucoup plus parce que, ta question rejoint ce que j’allais dire en fait finalement j’ai appris au fur et à mesure des années avec NUOO, j’ai appris à gérer mon temps et à accorder du temps là où j’avais envie d’en avoir. Je ne sais pas si c’est très français ce que je dis, mais en gros, au tout début, le temps disponible, c’était le temps pour NUOO point barre. S’il restait un chouille OK je pouvais aller monter un peu à cheval, faire un peu de sport, dormir, voilà c’est tout. Je ne sortais pas, je n’allais pas dans les bars ni rien. Alors qu’aujourd’hui j’ai une vie sociale beaucoup plus fournie et que je vais beaucoup boire des coups. J’adore ça, voilà boire des coups, aller au bar, rencontrer des amis, et cetera. Pendant des années, je n’avais pas du tout parce que c’était quand même compliqué au niveau du temps disponible. Mais c’est vrai je pense que c’est un apprentissage. Entreprendre, c’est pas être libre, c’est plutôt à quoi j’alloue mon temps ? Après tu vois quand je vois mon associé chez NUOO donc Maxime par exemple, Maxime c’est une personne que j’appelle mon Frérot, mais parce que c’est comme un frère, de toute façon, on s’appelle tous les jours, il passe tout le temps à la maison. C’est vraiment comme un membre de la famille. Et en fait lui, par rapport à moi, il est profondément passionné par le boulot, par le fait de bosser. Et il n’avait pas forcément ce besoin d’aller allouer du temps à d’autres choses même s’il a appris à le faire parce que lui, sa passion par exemple, c’est la moto, les randos-motos et cetera. Mais c’est vrai qu’il avait beaucoup moins le besoin que moi d’aller dans ce côté, je vais souffler à côté de NUOO et je fais en sorte que mon temps à côté de NUOO soit aussi important que le temps que je donne à cette boîte.
Ombeline — Est-ce que finalement, Maxime lui cherchait autre chose que la liberté en créant NUOO ?
Gwenaëlle Gonzalez — je pense qu’il cherchait autre chose. Je pense qu’il cherchait plus une ambition qui est toujours là d’ailleurs. Et puis le fait de vraiment construire quelque chose de grand en fait de très grand, alors que moi je disais toujours c’est fou quand même, j’ai eu l’idée, j’ai créé une boîte qui est devenue une machine infernale, que je n’arrive plus à arrêter. En fait, pour moi, c’était ça. J’ai souvent dit, je suis devenue prisonnière du monstre que j’ai créé. Pour moi j’avais vraiment cette idée d’engrenage infernal où tu es tout le temps à la dispo de ta boîte. 37.37
Ombeline — Et en même temps, tu avais posé l’intention que c’était ta vie.
Gwenaëlle Gonzalez — En fait, c’est exactement ça, donc je ne pouvais pas vraiment m’en plaindre, je m’en suis rarement plaint. J’ai plus eu des prises de conscience surtout les 3 dernières années, surtout avec le COVID où on a tous été arrêtés d’un seul coup. Moi le COVID, ça a été extraordinaire, je suis d’accord on peut recommencer, c’était génial. Franchement, on nous a bloqué.
Ombeline — Tu avais déjà ton domaine ?
Gwenaëlle Gonzalez — Non, justement, l’idée est venue pendant ce confinement-là. Voilà encore une fois du grand Gwenaëlle, avec l’impulsivité au rendez-vous, on sort du COVID un mois après on visite, on se dit tiens, ça peut être génial donc avec Alex mon compagnon, cette idée ça peut être dingue. On visite, on visite la maison coup de cœur, on prend. Voilà c’est du grand du grand Gwenaëlle. Franchement niveau réflexion, on est proche de 0 et impulsivité, on est proche de 100. C’est exactement ça.
Ombeline — Et puis y a plein de succès de cette façon aussi.
Gwenaëlle Gonzalez — c’est vrai, mais j’ai toujours fonctionné comme ça à l’instinct, à l’impulsivité, voilà, c’est un peu ma méthode de fonctionnement. Mais voilà, c’est vrai que pour revenir à cette histoire de temps et de liberté, non je n’ai pas été libre avec NUOO, parce que tu ne peux pas être libre en créant une boîte qui a des dizaines de salariés, qui lève des fonds, qui a des projets tout le temps, qui doit rendre des comptes, qui a créé de l’endettement, qui a créé de l’emploi. C’est pas possible, tu as différents types de salariés aussi, donc ta logistique commence avant toi. Tu as ton e-commerce qui tourne en permanence, tu as tes boutiques aussi qui tournent le week-end quand toi tu es censée te reposer. Il n’y a pas de temps mort et en fait quand je parle d’absence de liberté en soi je ne dis pas que c’est mal ou que je regrette pas du tout, c’est juste un état de fait c’est que ton cerveau, ton attention, ton énergie, sont en permanence sollicitée et portés sur ta boîte quoi que tu fasses.
Ombeline — Et tu ne vis pas de la même façon avec Lusitano sélection ?
Gwenaëlle Gonzalez — Ah non, non pas du tout. Puis voilà, j’ai voulu me détacher aussi émotionnellement et puis me dire non, je veux plus en fait, je veux plus penser à ma boîte quand j’ai décidé que c’était pas le moment en fait. Donc quand je suis à cheval, je suis à cheval. Quand je bois un coup, je bois un coup, quand je suis en vacances, je suis en vacances parce que je peux pas être perturbée. Tu vois tu pars en vacances et puis ton associé qui t’appelle, qui dit bon là il y a un problème, faut qu’on arrive à résoudre ça. Et puis tu passes 3h au téléphone ou 3h sur tes mails à résoudre le truc alors que tu avais prévu autre chose. Combien de fois ça m’est arrivé et tu dis, ça te stresse et puis enfin voilà, et c’est pour ça que je dis que la liberté, non, pour moi c’était pas de la liberté, c’est sûr. C’était ma vie, certes, mais ce n’était pas de la liberté, mais pour autant j’ai vraiment appris maintenant à gérer mon temps et à me dire OK, calme-toi. Si là tu travailles pas, c’est pas grave, si tu crées pas de la valeur là pendant 2h c’est pas grave personne ne va mourir, parce que j’avais même encore aujourd’hui un sentiment de culpabilité, de ne pas de pas créer de la valeur mais énorme. Enfin ça m’arrive encore d’ailleurs des fois de bosser le dimanche, bosser le samedi, ne serait-ce qu’une heure juste pour me dire OK c’est bon.
Ombeline — J’ai fait ce que j’avais à faire.
Gwenaëlle Gonzalez — J’ai fait des trucs, c’est bon. Mais après, je pense que c’est mon fonctionnement aussi et que je et que j’adore ça hein. Moi créer des choses et de la valeur, c’est quelque chose que j’aime beaucoup faire.
Ombeline — et puis c’est aussi un autre paradigme collectif qui est-ce qui crée de la valeur, ce sont mes actions. C’est aussi une énorme croyance dans l’entrepreneuriat. L’entreprise fait du chiffre d’affaires, si moi je fais des actions pour ça, sinon il se passe rien. Et donc là aussi il y a une emprise en fait qui se crée entre l’entreprise et son fondateur.
Gwenaëlle Gonzalez — Complètement oui, parce que tu as cette croyance que si je ne suis pas là, si je n’agis pas, ça ne va pas le faire. Donc c’est vrai que c’est compliqué et en fait si tu veux moi j’ai eu un gros coup de pas bien, donc c’était en 2021, été 2021. J’ai un gros coup de pas bien, je dirais pas que j’ai fait un burn-out ou quoi parce que je n’aime pas mettre des étiquettes.
Ombeline — j’allais te le demander d’ailleurs, je ne sais pas si tu en as fait un ou pas ?
Gwenaëlle Gonzalez — Je ne sais pas, j’en sais rien. Peut-être que ça en était un.
Ombeline — C’est un peu la mode, tu sais peut-être que tu devrais le dire.
Gwenaëlle Gonzalez — je devrais peut-être le dire que j’en ai fait un. Non, je pense que je ne le dirai pas parce qu’on a tous nos moments down et j’ai pas envie de mettre d’étiquettes dessus et voilà, j’étais pas au fond du trou mais en tout cas je n’étais pas au top de ma forme. Déjà ce qui m’arrive pas trop c’est que là j’avais besoin de dormir, j’avais aucune énergie créative, j’avais pas d’idée, c’était dur. Et en fait, ce qui s’est passé pendant ces quelques mois, c’est que donc Max me disait : « C’est dingue, j’ai besoin de toi mais t’as pas d’idée ? » Et je lui ai déjà dit, hein, j’en ai déjà parlé, mais il me disait mais t’as pas d’idée là, il faut que t’aies des idées.
Ombeline — Parce que tu étais la source finalement créative.
Gwenaëlle Gonzalez — parce que voilà, j’étais liée au Market, j’étais liée au commercial, et cetera, le côté branding créa donc forcément les idées la plupart, je les avais. C’est mon profil créatif, de toute façon on était tous complémentaires et il me disait mais tu n’as pas d’idée ? Et je disais non, j’ai pas d’idée, je suis sèche là je n’ai pas d’idée.
Ombeline — C’est ça, tu ne pouvais plus donner en fait.
Gwenaëlle Gonzalez — Non je ne pouvais plus, j’étais le désert du Sahara, j’étais d’une sécheresse, pour moi, c’était horrible parce que la pression était énorme et aussi parce que les membres de mon équipe venaient me voir en me disant, Bah, Gwen, est-ce que ça va ? Ça se voit que tu as moins d’énergie que d’habitude et du coup comme t’as moins d’énergie, bah nous on en a moins aussi, et la boîte a moins d’énergie. Et en fait ça peut paraître complètement anodin quand on te dit ça, tu vois, mais moi, je m’en souviens de ces phrases. En fait, elles ont été pour moi, ça a été une source de pression énorme, parce que je me suis dit mais comment je fais si je peux même pas avoir une phase de pas bien ou si je veux partir en fait, je fais comment. Et mon but à ce moment-là, quand j’ai eu ce déclic-là, ça a été de me dire donc à partir de ce moment-là, je fais tout pour ne plus du tout être indispensable.
Ombeline — c’est ça que l’entreprise ne dépende plus de toi. En fait, en fait l’entreprise. Elle a pris ta vie.
Gwenaëlle Gonzalez — Je ne voulais plus du tout en fait.
Ombeline — En fait l’entreprise a pris ta vie quelque part ?
Gwenaëlle Gonzalez — Bah oui, c’était ça. C’était compliqué et même des fois je rentrais dans des états de nervosité extrême. Je pouvais piquer des colères donc le pauvre Alex, il en a subi plein, mais je pouvais passer d’un état tout à fait, normal, serein, à monter dans les tours, mais tellement j’étais nerveuse et stressée en fait. Mais voilà, encore une fois je parle, c’est mon cas et ça a été sur une période, et puis ça a été aussi le déclic pour me dire OK maintenant, je vais changer de braquet, et puis je vais commencer à préparer mon départ parce que ça va pas le faire.
Ombeline — Et comment ça aurait pu être différent cette expérience pour toi ? Si peut-être tu t’étais autorisé à recevoir de ton entreprise ? Gwenaëlle Ah, c’est une question difficile. Elle est super dure cette question. Parce qu’en fait je ne sais même pas ce que ça veut dire recevoir de ton entreprise. Je n’arrive pas à conceptualiser, à visualiser ce que ça veut dire. Je sais pas en fait, là je ne sais pas pourquoi, je pense que c’est une erreur, mais machinalement je pense au fait que financièrement aussi on était toujours tenus par la boîte que nos finances perso étaient forcément liées aux finances de la boîte. Combien de fois on ne s’est pas payé, et combien de fois on s’est payé 4 fois moins qu’attendu sauf que c’est génial, on a tous peut-être des prêts étudiants, on a un loyer à payer, on a une assurance de voiture, enfin c’est des trucs complètement débiles mais en fait chaque mois tu te demandes est-ce que déjà je vais avoir mon salaire à la fin donc déjà ça c’est compliqué. Et je pense peut-être que l’erreur qu’on a fait, c’était peut-être d’avoir justement, on s’est trop sacrifiés, j’entends en termes de finances, on a trop sacrifié nos finances et notre confort pour la boîte, en en se disant toujours oui mais ça va aider la boîte et ça ira mieux. Et en fait c’est pas vrai ça. Ça aurait pas changé grand-chose qu’on garde notre confort parce qu’on aurait gardé sans doute la tête plus froide, plus d’énergie aussi, parce que quand tu n’as pas d’argent à la fin du mois, franchement c’est très dur même si je suis pas l’incarnation du matérialisme 47.24. De toute façon, ça ne peut pas fonctionner d’être sur du sacrificiel. C’est comme quand tu éduques un enfant avec cette posture sacrificielle, tu es complètement bouffée. Le gamin te bouffe et là, l’entreprise c’est la même chose. L’entreprise prend tout ce que tu lui donnes.
Gwenaëlle Gonzalez — Je pense qu’elle ne te rend pas ce que tu lui donnes en général.
Ombeline — Non mais elle ne rend pas, alors là je ne dis pas que c’est toi, je ne parle pas de toi mais je vais faire une généralité que je rencontre chez beaucoup de chefs d’entreprise ou d’entrepreneurs. C’est tellement la norme de tout donner à son entreprise que comme ta réaction tout à l’heure, ça ne vient même pas à l’esprit qu’on puisse recevoir de son entreprise.
Gwenaëlle Gonzalez — Non c’est incroyable. C’est vrai que là, quand tu me poses la question, je suis là « Ah oui, ça peut arriver. D’accord OK mais voilà, parce qu’on est vraiment, je pense, dans cette logique sacrificielle et tu sacrifies ta vie perso, tu sacrifies ton confort, tes finances, tes voyages, ton couple voilà. Et en fait au final tu te dis mais pourquoi je fais ça ? Enfin, comme je dis en plus c’est dingue parce que je suis quand même tout en paradoxe, parce que je suis tout le temps en train de dire, moi je vis comme ça, c’est-à-dire que je considère, je pars du principe que grosso modo on est 80 ans sur terre. Sur les 80 ans, c’est pas compliqué les 20 premières années tu es dépendant de tes parents, compliqués, tu fais pas grand-chose. Les 20 dernières années tu es dépendant de tes enfants, il t’en reste 40 au milieu, pour peu que t’aies pas un pépin de santé ou autre pour en profiter. 40 ans franchement c’est pas long donc c’est pour ça qu’en fait je parle de paradoxe, c’est que je me suis toujours dit je veux vivre mais vivre avec un grand V, je veux vivre. Voilà je ne vis pas à crédit, je ne vis pas en me disant ce sera mieux, plus tard je veux vivre et en fait mes choix de vie, là ça commence on va y arriver, mais n’ont jamais été dans ce sens-là. Ce que j’ai fait, j’ai bossé comme une dingue quand j’étais à l’école. J’ai toujours été très bonne élève et j’ai toujours travaillé parce que c’est comme ça. J’aimais bosser parce que j’étais très ambitieuse, très carriériste, j’ai fait une prépa, j’ai bossé comme une dingue et je disais toujours oui, mais ça ira mieux après. Et puis j’arrive à Sciences Po et normalement les écoles, c’est un peu la fête. Eh bien pas du tout, je bossais comme une dingue, j’avais pris un job étudiant, je donnais des cours à côté et puis je vendais des chevaux. Et puis je pars au Portugal et hop, j’ai cette idée d’entreprise en même temps que mon mémoire, et voilà et je me suis toujours dit oui mais après j’aurai le temps ou après ça ira mieux. Puis en fait bah t’arrives, tu as 30 ans et puis tu te dis bon c’est super, tu as toute ta philosophie de vie, tu es très forte pour aller la raconter et faire les grands discours, mais t’es pas foutu de le faire pour toi. Voilà. 50.30
Ombeline — Alors je rappelle quand même nos auditeurs que tu as 30 ans Gwen.
Gwenaëlle Gonzalez — j’ai vécu plusieurs vies.
Ombeline — Tu n’en as pas 60 tu vois. Mais oui, il y a aussi probablement et je pense que c’est vraiment tout cet apprentissage de la notion de liberté que t’as expérimenté fortement chez NUOO et aujourd’hui, ce que je lis dans tes choix d’aujourd’hui, dans tes projets d’aujourd’hui, dans tes engagements d’aujourd’hui, c’est j’arrête de devoir mériter la liberté.
Gwenaëlle Gonzalez — c’est ça, et je prends. Voilà exactement là, je rentre encore une fois dans un schéma d’action mais là je prends, parce qu’en fait j’ai senti que c’était maintenant qu’il fallait que je le fasse, et que en fait physiquement des signaux qui te disent OK commence à y aller mollo parce que comme tu le dis j’ai que 30 ans, et là il y a des trucs pas normaux qui se passent donc des petits rappels. Rien de grave, heureusement, mais des petits rappels à l’ordre. Et tu te dis OK, ton entourage aussi qui commence un petit peu à s’inquiéter. Et puis toi qui commences aussi à avoir moins d’énergie pour plein de choses, à douter, plein de trucs, à plus avoir d’envie. Alors moi quand j’ai plus d’envie, c’est quand même le signe numéro un qu’il faut que ça change. Donc là je pense que tout s’est aligné. Je me suis dit OK, je vais prendre ma liberté maintenant et je vais arrêter aussi de me poser des questions sur ce que pensent les autres, et sur ce que j’ai envie de donner aussi aux autres. Parce qu’à la fois j’ai donné beaucoup, j’ai donné énormément à ma boîte, j’ai tout donné à ma boîte, mais j’ai donné énormément aussi aux autres et je pense toujours aux autres. Et en fait, pour une fois, bon pitch égoïste des films américains, j’ai envie de penser à moi. Voilà, c’est un peu ça, c’est pas original du tout mais j’en ai envie sans pour autant perdre de vue mes valeurs et perdre de vue l’action qui me caractérise et des projets, j’en aurais toujours des entreprises, j’en monterais toujours, par contre je le ferai pas de la même manière. Ça c’est évident. Et la preuve en est déjà avec le Lusitano sélection, c’est pas fait de la même manière et c’est beaucoup plus sain pour moi en fait.
Ombeline — ca à l’air plus sain pour toi.
Gwenaëlle Gonzalez — Je veux que ce soit plus sain et plus simple. Voilà, c’est vraiment ça, ma recherche et là je vais lancer prochainement mon activité officielle d’accompagnement Coaching Business entrepreneur et voilà ce sera plus sain et plus simple aussi. Et voilà, c’est ça que je veux et je veux avec une partie chevaux exactement. Ca va arriver et en fait ça me rappelle toute façon cette phrase de d’Alexandre Dana, donc pour les personnes qui nous écoutent, le fondateur de LiveMentor que tu connais bien aussi, qui est passé sur le podcast. En fait, il a écrit et dit cette phrase : « Il faut que l’entreprise soit à votre service et pas le contraire ». Et en fait et moi, cette phrase, ça peut paraître être des portes ouvertes mais la claque quand j’ai lu cette phrase, je me suis dit OK mais c’est dingue quoi la claque, l’apprentissage en une phrase, et oui maintenant ma vie c’est comme ça, c’est d’abord ma vie et après le business, et plus l’inverse.
Ombeline — Exactement et c’est un peu ça. C’est l’entreprise à ton service, mais il faut se l’autoriser et il faut s’autoriser à recevoir.
Ombeline — Ah j’ai loupé le fil de ma pensée.
Ombeline — Mais c’est pas grave. Finalement En fait le cadeau et l’apprentissage. Tu parlais de résilience tout à l’heure, mais est-ce que là, le véritable apprentissage de cette première expérience entrepreneuriale avec NUOO, est-ce que ça ne serait pas la liberté ?
Gwenaëlle Gonzalez — Si. Si, si, franchement c’est clairement ça. Liberté et le rapport au temps aussi, mais si pour moi c’est ça l’apprentissage, ça c’est clair. Et puis aussi le fait quand je parlais de résilience, c’est plus cette capacité qu’on a qui est dingue et enfin quand je pense à des choses qu’on a vécues, je me dis mais la force mentale qu’on peut avoir, mais devant des situations tu te dis mais c’est pas possible. Nous il y a plein de fois où on a failli couler, mais quand je dis couler, c’est vraiment couler fort et en fait, tu te mets dans un état d’esprit de dingue, et t’es capable de soulever des montagnes. Et en fait moi c’est toujours cette capacité à rebondir quoi qu’il arrive, que j’admire le plus en fait chez les chefs d’entreprise, chez les entrepreneurs, parce que pour moi, ils matérialisent ça. Le fait de rebondir et moi j’ai réussi à le faire en fait. Donc, maintenant je le réalise sur le moment, tu réalises pas, tu peux te laisser abattre, je dis pas hein. Attention hein, je suis pas en mode superwoman, pas du tout. Des nuits à pleurer, j’en ai passé plein, ou des week-ends où je suis arrivé chez mes parents, je me suis mise à pleurer, ils comprenaient rien de ce qui arrivait, parce que juste j’arrivais pas à payer mon loyer et que la boîte c’était la catastrophe. Tu te mets dans des états pas possibles et tout mais t’arrives toujours à rebondir. Tu as un gros down, ça dure quelques heures et après, tu retrouves une énergie de fou et pour moi, c’est ça aussi, le grand apprentissage. C’est on peut résister franchement, je pense qu’on peut résister à tout. C’est incroyable et la force mentale c’est comme un muscle, ça s’entraîne, ça se travaille et tout. Et quand je vois ce à quoi on a résisté, je suis fière de nous parce qu’on a eu des épisodes quand même difficiles. Après attention, toute proportion gardée, on parle d’un business, on parle d’une entreprise, c’est voilà, on sauve pas des vies, mais voilà pour nous, c’était quand même très important. Mais oui, je suis fière de ce par quoi on est passés.
Ombeline — Vous contribuez quand même à sauver la planète.
Gwenaëlle Gonzalez — c’est vrai mais tu vois je suis fière de ce parcours. On a pu passer et puis je suis fière de moi, de ce que j’ai réussi à surmonter et c’est des choses que j’aime transmettre aussi aujourd’hui. J’aime bien me dire que oui, tout est possible, tout est possible à partir du moment où tu l’as décidé, c’est ta force mentale qui va faire toute la différence. Ton énergie, ta force mentale. 57.20
Ombeline — Et j’ajouterais la capacité à se détacher de l’argent.
Gwenaëlle Gonzalez — Ah oui, et ça c’est dur. Ah ça c’est dur quand tu as réussi, est-ce que vraiment on réussit exactement à le faire ? Je sais pas, je pense qu’il y a toujours un petit reste ou une petite anxiété qui doit rester quelque part, mais je te rejoins complètement quand tu t’es détachée de ça et que t’arrives à te dire, c’est pas grave ou c’est un problème comme un autre. Oui là t’es passé à un niveau supérieur et je pense que j’y suis passée.
Ombeline — Justement, quel est ce lien à l’argent avec Lusitano sélection ?
Gwenaëlle Gonzalez — Le lien à l’argent c’est aujourd’hui, c’est tout simplement, c’est bête et méchant. Le but c’est de vendre pour aller resélectionner d’autres chevaux en fait. Il y a cette idée de circularité, parce que tant que ça circule, ça veut dire que le rêve existe. Et si ça s’arrête de circuler le rêve s’arrête. Donc je dis pas des moments difficiles on en a déjà en déjà eu quelques-uns, mais tu dis bon bah écoute, on va se détacher un petit peu de ça. On va se dire que c’est pas c’est pas grave. Et puis on en aura certainement d’autres. Et puis dans toutes les activités que je pourrais monter ou qu’on pourra monter, il y en aura des moments de moins bien. Mais en fait moi je vois plus l’argent, aujourd’hui en tout cas, je vois l’argent comme un outil, un moyen, une ressource. Surtout pas une fin, parce que en fait, je pense que quand tu vois l’argent comme une fin, tu ne prends pas les bonnes décisions et ton mindset est pas génial quoi. Voilà. Et en plus de ça, on parlait de liberté, j’ai souvent considéré l’argent comme ma porte pour la liberté, erreur. Énorme erreur parce qu’où s’arrête l’argent ? En fait, ton passeport il pour la liberté, il est à quel prix ? Quel prix tu lui donnes et où est-ce que ça s’arrête ? Donc ça s’arrête jamais. 59.45
Ombeline — Et puis il y a plein de milliardaires qui se sentent pas du tout libres.
Ombeline — Enfin, on parlait d’emprise avec son entreprise, mais il y a aussi l’emprise de l’argent. Enfin l’emprise de l’entreprise vient de l’emprise de l’argent en fait.
Gwenaëlle Gonzalez — Tout à fait. Je suis complètement d’accord et c’est un moyen, c’est un outil, c’est pas une fin quoi.
Ombeline — C’est une ressource c’est un flux. En fait, c’est un flux de l’entreprise comme un flux d’énergie, comme un flux de temps, comme un flux de matière première. Ce sont des flux.
Gwenaëlle Gonzalez — C’est exactement ça et en fait, c’est ce que très souvent d’ailleurs notamment à mon compagnon Alex, c’est l’argent, ça va, ça vient et quand tu en veux vraiment, quand tu en as vraiment besoin, tu le trouves. C’est comme ça que je fonctionne, parce que et je ferai pas des tas d’or pour avoir des réserves de partout, non. En plus de ça, moi l’argent, c’est du troc pour autre chose en fait.
Gwenaëlle Gonzalez — Bah oui, ça sert à ça. Mais voilà, ce rapport à l’argent, je te rejoins complètement, il y a quand même ce côté emprise et puis on parlait tout à l’heure, on monte des entreprises pour être libres mais, on est aussi très nombreux à monter des entreprises pour l’argent combien de fois mais combien de fois j’entends, ah je monte un business et tout parce que c’est un moyen de de gagner de l’argent très vite et puis après je vais faire une levée de fonds et après je vais vendre ça des millions. Et après ? Enfin What’s the point ? Enfin, je ne comprends pas.
Ombeline — Et puis après je vais faire vraiment ce que j’ai envie de faire. Ok mais pourquoi tu le fais pas maintenant en fait ?
Gwenaëlle Gonzalez — et puis après, voilà, c’est ça. C’est cette phrase. Là je discutais il y a pas longtemps avec une amie qui fait une reconversion pro enfin dans son dans son métier hein, mais qui suit une formation pour pouvoir évoluer dans son entreprise. Et donc elle suit des cours, notamment de management et des cours d’entrepreneuriat. Je serais quand même curieuse de savoir ce que c’est un cours d’entrepreneuriat.
Ombeline — Tu sais que j’ai fait un master Entrepreneuriat en 2004.
Gwenaëlle Gonzalez — En 2004, ça devait génial.
Ombeline — En 2004 l’entrepreneuriat n’était pas ce qu’il est aujourd’hui.
Gwenaëlle Gonzalez — Non, c’est clair, c’est clair, mais en fait, ce que j’aimerais bien savoir, c’est ce qu’on apprend aux gens, parce que moi, ce qu’elle me disait, donc elle me connaît très bien et elle connaît l’envers du décor. Elle me dit, tu te rends compte, Gwen toutes les personnes qui sont dans le cours, quand on leur demande ce qu’est un entrepreneur ? Pourquoi devenir entrepreneur ? Bah si on devient entrepreneur, c’est pour gagner beaucoup d’argent sans trop bosser et rapidement. Mais je sais pas si tu imagines, est-ce que la réalité de l’entrepreneuriat c’est ça ? Je suis pas certaine, c’est pas vrai. Enfin franchement, pour en connaître, on en connaît hein des entrepreneurs, on en connaît énormément dans tous les domaines. Je ne crois pas que gagner de l’argent facilement et rapidement, c’est la définition de l’entrepreneuriat, c’est faux, et c’est quelque chose qu’on veut nous faire avaler, et c’est pour ça qu’on promeut en permanence l’entrepreneuriat mais non, c’est pas vrai, c’est un, c’est un parcours qui est quand même difficile. Et puis si, gagner de l’argent et tout en bossant 4h par semaine, c’était si simple, je pense que tout le monde le ferait.
Ombeline — Il faut quand même pas oublier que l’entrepreneuriat c’est quand même une source de business pour l’État qui est colossale.
Gwenaëlle Gonzalez — C’est clair. Tu pousses tout le monde à entreprendre. Quand tu entreprends t’es plus au Pôle emploi, en tout cas t’es pas catégorisé comme chômeur, donc déjà ça aide à réduire fictivement le chômage. Mais oui mais je trouve ça je trouve ça dommage de sans arrêt pousser les gens à devenir entrepreneur. Et puis comme si c’était devenu le nouvel Eldorado social, si tu n’es pas entrepreneur t’es nul, t’as presque honte de dire que t’es salarié. Où tu as des gens enfin, c’est dingue, des fois je fais des soirées et puis bon, forcément, j’ai longtemps vécu ce côté d’être un CV vivant parce que dès que les gens savaient ce que je faisais la soirée s’arrêtait, tout le monde me posait des questions, ça, c’est le cas de beaucoup d’entrepreneurs.
Ombeline — Et maintenant c’est encore pire, j’imagine. Tout le monde doit croire que tu as pris un gros chèque.
Gwenaëlle Gonzalez — Bah pour l’instant ça va parce que je reste dans mes sphères connues, privées, donc c’est bon. Et puis de toute façon en fait, je fais en sorte de pas trop en parler parce que en fait, j’aime pas que toute l’attention se mette sur moi comme ça, là d’un seul coup et que je sois presque une bête de foire. Enfin ça reste une sphère pro et ce qui est dingue c’est qu’après une si on me demande ce que je fais, et cetera, après les gens ils ont honte de me dire ce qu’ils font.
Ombeline — Parce qu’ils se sentent inférieurs, tu penses ?
Gwenaëlle Gonzalez — complètement. Il y a un sentiment d’infériorité et souvent, j’entends la phrase, non mais oui, mais moi je fais pas autant de choses que toi , ou oui enfin moi c’est moins passionnant que toi quand même. Mais enfin c’est pas un concours et en fait la question c’est si t’es heureux, c’est ce qui compte non. Donc enfin en fait voilà il ne faut pas se dire tout le monde doit être entrepreneur, doit être chef d’entreprise. Non c’est chacun fait déjà ce qu’il a envie de faire là où il se sent bien 01.05.30.
Ombeline — Je pense que c’est ça en fait, c’est déjà de savoir ce qui est important pour soi et de se donner l’autorisation d’y répondre en fait. Que ça soit par l’entrepreneuriat ou autrement mais peu importe finalement. Et là est la clé de du bonheur parce que c’est là aussi la clé de notre intégrité.
Gwenaëlle Gonzalez — mais complètement. Et puis en fait, souvent, il y a le discours faites de votre passion aussi un métier, mais si c’est juste une passion, pourquoi t’en ferais tout de suite un métier ? Voilà, il y a toujours cette dimension mercantile. Voilà, je suis passionnée de poterie, ah ben tu devrais en faire un business, ben non, mais enfin si j’ai envie d’avoir juste mes pots dans ma chambre, je fais ce que je veux. Enfin tu vois, il y a toujours cette idée de dire mais attends tu devrais en faire un business quand même, c’est une culture, tu peux pas rester comme ça.
Ombeline — Il y a une question qui venait tout à l’heure et puis on va pas tarder à clôturer parce que je pense que toutes les 2 on pourrait parler encore pendant 2 heures.
Ombeline — Je pose une question ouverte à laquelle on répondra pas dans ce podcast, mais que deviendrait l’entrepreneuriat si l’argent n’existait plus ?
Gwenaëlle Gonzalez — Ouh. Oh ben alors là oui bon j’ai ma petite idée, mais je pense qu’il y aurait moins d’engouement d’un seul coup.
Ombeline — Et donc, qu’est-ce qui resterait ?
Gwenaëlle Gonzalez — Qu’est-ce qui resterait ? Euh, je pense qu’il resterait, oh là, c’est vraiment une question difficile, ça. C’est vraiment une question difficile. Eh ben déjà, tu aurais plus cette notion de sacrifice. Ça c’est certain. Tu l’aurais plus tout ça cette notion de sacrifice, cette angoisse, parce que finalement, l’angoisse vient aussi de la performance économique de ta boîte. Ah, ça changerait beaucoup de choses.
Ombeline — Tu vois comme ça pousserait chacun à être dans son pouvoir personnel.
Gwenaëlle Gonzalez — complètement j’allais te dire en fait, il resterait que les passionnés, enfin, ils resteraient les authentiques. Pour moi, il y a, cette notion-là, si t’enlèves le côté le côté argent. Ah, c’est une vaste question.
Ombeline — Et puis on en reviendrait à ce qui pour moi, est la mission d’une entreprise, c’est de contribuer au collectif. Il y a une utilité sociétale.
Gwenaëlle Gonzalez — complètement oui, il y aurait d’autres enjeux, complètement. Il y aurait ces idées de solidarité, d’entraide, de soutien, de bienveillance. Oui, complètement, je suis d’accord.
Ombeline — Et donc on serait dans quelque chose de circulaire, en fait.
Gwenaëlle Gonzalez — tout à fait de flux, d’échanges, mais non mercantiles.
Ombeline — Mais tu sais, j’ai souvent cette discussion parce que moi je navigue beaucoup dans la sphère de la spiritualité, et cetera. Et il y a beaucoup de personnes dans la spiritualité qui croient et qui disent qu’un jour l’argent n’existera plus. Que le nouveau monde ou qu’un monde meilleur, ça serait un monde sans argent. Et souvent quand j’ai ce genre de sujet dans mes accompagnements, je pousse la personne à imaginer vraiment un monde sans argent et à chaque fois on en vient à quelque chose qui revient un peu à ce qu’on disait. Si vraiment il y avait plus d’argent, on serait obligé d’assumer complètement notre potentiel.
Ombeline — Puisqu’il n’y aurait aucun moyen de comparaison.
Ombeline — Et donc à chaque fois je dis, mais il, on a quand même encore beaucoup de chemin à faire avant d’en arriver là. Ne plus avoir aucun moyen de comparaison.
Gwenaëlle Gonzalez — Ah ouais, ça serait je sais pas, je n’ai pas idée si ça peut exister un jour je t’avoue.
Ombeline — Je ne sais pas et on le saura peut-être pas.
Gwenaëlle Gonzalez — Je ne saurais pas te dire.
Ombeline — Vaste sujet. Et puis c’est une belle façon aussi d’arriver à la fin de notre échange. J’ai 3 dernières questions pour clôturer cette conversation. Qu’est-ce que t’auras envie de partager à propos de tes priorités, de ton actu des 6 prochains mois ?
Gwenaëlle Gonzalez — Eh bien bah déjà ce sur quoi je travaille, mais pour une fois je prends mon temps pour que ce soit bien fait et que ce soit vraiment ce que j’ai envie de faire. Et donc c’est cette activité d’accompagnement de coaching des entrepreneurs. Je ne sais pas exactement quelle forme parce que j’aimerais aussi intégrer une partie avec les chevaux, enfin voilà. Donc ça, c’est ce qui va en tout cas voir le jour dans les 6 prochains mois. Ben toujours les chevaux évidemment, avec des allers-retours au Portugal, j’espère très vite et ça c’est évident. Et puis me reposer un petit peu pour la première fois de presque de ma vie. Mais quand je dis me reposer c’est pas dormir ou quoi, c’est juste faire faire un peu tout ce que j’avais envie de faire et où j’étais je ferais ça plus tard quand j’aurais vraiment le temps ou non, ça viendra plus tard, ça viendra plus tard, donc voilà, je vais prendre un petit peu de temps pour moi. Je vais recommencer un peu à lire aussi enfin voilà des choses toutes bêtes, mais voilà un peu le programme et l’actualité.
Ombeline — Magnifique. Et alors je pourrais encore partir là sur ton Pourquoi, pour aller trouver, tu vois, mais bon là c’est ma posture de coach qui prend le dessus. Qui aimerais-tu entendre dans ce podcast Gwenaelle ?
Gwenaëlle Gonzalez — Ah Oh là là, y a quelqu’un que j’adorerais entendre, c’est Morgane Sézalory, de Cézanne, c’est une personne que j’aime beaucoup, je ne l’ai jamais rencontré mais je sais pas, c’est vraiment une personne que j’admire énormément, que j’aime beaucoup. Ce serait Morgane de Cézanne.
Ombeline — Très belle idée, j’espère avoir l’honneur de la recevoir dans ce podcast, j’espère.
Gwenaëlle Gonzalez — J’espère ce serait génial, ce serait top.
Ombeline — Et puis pour terminer, Gwenaëlle, avec quoi toi tu repars, de cette conversation ?
Gwenaëlle Gonzalez — Je repars avec plus de clés pour comprendre aussi mon expérience entrepreneuriale. Ce qui m’aide aussi à savoir un peu plus qui je vais être dans le sens professionnel et puis un peu personnel et j’aime beaucoup cette leçon par rapport à la liberté. C’est une clé que je n’avais pas. Je repars avec ça, avec ce rapport à la liberté, parce que je n’avais pas la clé, j’avais pas eu l’échange opportun. Je n’avais pas eu le recul ou les bonnes questions et c’est une clé qui est très intéressante pour moi en fait, qui est très importante aussi je pense.
Ombeline — Magnifique et c’est peut-être la clé de ce nouveau projet d’accompagnement.
Gwenaëlle Gonzalez — c’est peut-être une des clés complètement. C’était une très belle conversation et effectivement ça aurait pu durer des heures.
Ombeline — Où est-ce que les personnes peuvent te contacter Gwenaëlle ? Si bien évidemment tu es d’accord qu’on te contacte.
Gwenaëlle Gonzalez — Alors, le plus simple c’est de me contacter via Instagram comme ça après je donne mes coordonnées, que ce soit pour les chevaux, le coaching, juste une discussion, la maison d’hôtes donc sur mon Instagram Gwenaëlle Gonzalez tout simplement, on me reconnaîtra. Il y a plein de chevaux.
Ombeline — Je mettrai le je mettrai le lien de ton Insta dans la description ainsi que le domaine Lusitano sélection. On mettra également NUOO. Et puis à la réécoute, je verrai aussi quelles sont les mentions à ajouter. Un immense merci Gwenaëlle pour cet échange si riche.
Gwenaëlle Gonzalez — c’était top, c’est un vrai bon moment.
Ombeline — On te souhaite vraiment le meilleur pour cette année 2023.
Gwenaëlle Gonzalez — Merci beaucoup, merci beaucoup Ombeline.
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