podcast vérité

#32 « Ergothérapeute, entrepreneure, leader : histoire d’une métamorphose professionnelle » Anais Quanquin

Ma nouvelle invitée, Anaïs Quanquin, redéfinit l’ergothérapie. Ergothérapeute de formation, Anaïs a repensé son approche du bien-être humain pour devenir une entrepreneure émérite et une leader authentique, dont l’influence dépasse les frontières de sa profession.

Passionnée d’inclusion et armée d’une perspective innovante sur le handicap, Anaïs dévoile les étapes-clés de sa métamorphose personnelle et professionnelle. Refusant de se cantonner à la voie traditionnelle, elle a choisi courageusement de remodeler sa carrière pour lui donner un sens profond.

Dans cet épisode, nous plongeons dans la vulnérabilité, non pas perçue comme une faiblesse, mais comme une force libératrice ouvrant la voie à de nouvelles opportunités. Du rôle d’ergothérapeute à celui de dirigeante affirmée d’un centre de réadaptation, Anaïs montre comment les défis personnels et professionnels peuvent nourrir un parcours entrepreneurial enrichissant.

Elle partage sa transformation intérieure: sa relation avec ses patients, son approche de l’argent, et comment sa singularité a pleinement pris sa valeur grâce à son approche novatrice du handicap.

Avec une réflexion profonde sur les défis de l’autonomie financière, de l’intégrité sociale, et du mérite entrepreneurial, Anaïs vous invite à repenser le rôle de l’inclusion sociale dans nos entreprises.

Préparez-vous à un épisode humain, truffé d’enseignements et d’authenticité, une célébration de la réussite entrepreneuriale et du leadership conscient. À écouter sans modération.

Timeline :
00:02:08 – Qu’est-ce que l’ergothérapie
00:03:18 – Transformation personnelle et leadership
00:06:49 – Les étapes de la transformation intérieure
00:13:16 – Accepter le passé et assumer pleinement sa vision
00:20:17 – L’apport du soutien du collectif dans la transformation personnelle
00:27:12 – Sécurité et connexion émotionnelle
00:35:34 – La Transformation individuelle est collective
00:48:16 – Accepter les contraintes de la vie
00:52:46 – Évolution de la pratique paramédicale
00:59:51 – Réaligner la pratique avec sa vision
01:05:32 – L’importance de l’inclusivité sociale

Pour contacter Anais Quanquin :
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Transcription de l’épisode

    OMBELINE
    Bonjour Anaïs, bienvenue dans le podcast vérité.
    ANAÏS
    Bonjour Ombeline.
    OMBELINE
    Je suis très heureuse de t’accueillir dans cet espace. Alors avant de te présenter, est-ce que tu peux nous dire et nous décrire où est-ce que tu te situes maintenant pour qu’on puisse t’imaginer ?
    ANAÏS
    Alors là je suis dans mon bureau à Perpignan face à un citronnier et dans le calme. J’ai quitté un peu l’agitation du mercredi après-midi à la maison pour venir dans le calme de mon bureau qui se trouve en centre-ville de Perpignan. Mais on a la chance d’avoir un joli jardin donc je suis au calme dans mon bureau.
    OMBELINE
    Magnifique, et puis les auditeurs vont comprendre à quel point ton lieu fait partie de ta mission. L’agitation du mercredi, dis donc, on pourrait faire un épisode entier sur ce sujet du mercredi.
    ANAÏS
    C’est vrai, j’ai inversé les polarités, tu vois, j’ai quitté l’agitation de ma maison pour retrouver le calme de Rose qui, on le verra, n’est pas toujours dans ce sens-là. C’est ça.
    OMBELINE
    Alors Anaïs, tu es depuis 2009 ergothérapeute. Est-ce que tu peux nous donner une définition rapide de ce qu’est un ergothérapeute parce que peut-être que tout le monde ne sait pas ce que c’est ?
    ANAÏS
    Oui, alors je vais donner la mienne de vision parce qu’on se rend de plus en plus compte qu’il y a quand même des visions un peu différentes. Moi, la mienne, c’est le travail qui me porte, c’est d’accompagner les personnes en situation de handicap. La première étape de notre travail, c’est vraiment d’accueillir déjà la situation de handicap, ce qui n’est pas forcément évident. Et après, c’est de pouvoir permettre à mes patients, qu’ils soient adultes ou enfants, eux et leur famille, de retrouver leur intégrité, c’est-à-dire leur autonomie et leur sentiment de sécurité, et les accompagner sur le chemin de vie qu’ils vont devoir emprunter, qui n’était pas forcément celui qui était prévu. On intervient à nouveau au corporel et dans l’aménagement de leurs environnements de vie.
    OMBELINE
    Donc en fait tu deviens ergothérapeute en 2009, tu es diplômée d’une école à Lyon, et tu me disais je pense que je suis devenue ergothérapeute peut-être un peu par idéalisme, mais surtout je me sentais poussée par une envie profonde de contribuer à faire bouger les lignes de la société pour la rendre plus inclusive. Et surtout d’accompagner des personnes en situation de handicap pour leur redonner le pouvoir d’agir et de devenir. C’est vraiment ce qui te passionne.
    ANAÏS
    Oui, exactement.
    OMBELINE
    Donc tu me disais que tu avais débuté ta pratique en centre de rééducation, de réadaptation, en accompagnant des adultes cérébraux lésés, traumatisés, crâniens. Après, tu as intégré un service d’accompagnement à la vie sociale spécialisé dans l’accompagnement des personnes paralysées au quotidien. Et tu as pu aussi te confronter au quotidien des adultes polyhandicapés en travaillant au sein d’une maison d’accueil spécialisée. Toutes ces expériences font que tu as à cœur de proposer aussi un lieu, un lieu nouveau dans lequel tu nous parles aujourd’hui ou depuis lequel tu nous parles, un lieu qui accueille les adultes, les enfants et leur famille. Ce cabinet a ouvert les portes en 2015 à Perpignan et ça porte aussi ce message qui est cher à ton cœur de contribuer à ce que l’intégrité des personnes en situation de handicap et des personnes vulnérables puisse être soutenue dans nos entreprises, dans nos lieux de vie et dans nos collectivités. Alors, ton message me touche beaucoup, d’autant plus que je l’ai vu évoluer de près, puisque j’ai le grand honneur de t’accompagner depuis un peu moins d’un an je pense, avec différents formats. Et je t’ai proposé de venir exprimer ton message dans le podcast, parce que bien évidemment, au-delà de l’importance de ta mission et de ce que tu veux apporter comme vision dans ton domaine d’expertise, Je trouve aussi magnifique le chemin que tu as parcouru, le chemin de transformation que tu as parcouru. Et je me souviens de quand je t’ai connue, tu étais plus dans une posture de profession libérale. Et aujourd’hui, je vois vraiment la leader s’incarner en toi. Et donc j’aimerais aussi que cette conversation puisse révéler à nos auditeurs Ces étapes, en fait, de comment on passe d’une profession libérale ou d’un statut de micro-entrepreneur ou plus d’une posture de micro-entrepreneur à un autre type de leadership. On va parler de ça ensemble aujourd’hui. Est-ce que tu as des choses à ajouter par rapport à ton parcours ? Est-ce que j’ai oublié des éléments ? Je n’ai pas dit que tu étais maman de deux garçons.
    ANAÏS
    Ah oui c’est vrai, ça fait partie du parcours.
    OMBELINE
    Ça fait partie du parcours, du leadership, donc tu vas nous en parler. Voilà ma chère, je te laisse la parole.
    ANAÏS
    Par quoi tu as envie de commencer ? Je te remercie pour cette présentation qui est tout à fait complète, merci beaucoup. Peut-être si on reprend ta question de départ, c’est par quel chemin je suis passée cette année ? Par quelles étapes ? Je dirais que la première. Avant de te rencontrer, j’avais fait un gros travail d’accompagnement déjà personnel. Du coup, qui m’avait vraiment permis de comprendre mon histoire, en fait. Voilà. Donc, un accompagnement en psychothérapie. Mais ça ne me permettait pas d’être ou d’agir différemment dans le présent. Voilà. Enfin, peut-être pas suffisamment pour moi. Voilà. De l’incarner complètement. Peut-être plutôt c’était ça. Je suis venue vers un accompagnement coaching en individuel puis en collectif pour transformer. J’aime bien l’image de l’arbre. Au départ, je pense que j’avais un poids comme ça. Du coup, cet accompagnement me permet d’avoir des raffines qui me permettent de me lever. Et je sens qu’au départ c’était vraiment par les racines que la base est bien stable maintenant et que je peux élever un petit peu mes valeurs de départ qui m’ont amenée vers un métier pour les transformer en vision. Et ça c’est hyper important et c’était la première étape. Un peu accepter, remercier, pardonner, laisser mes racines pour qu’elles me soulèvent un petit peu et m’entourer pour voir avancer, voilà. Et m’entourer dans un espace qui n’est pas forcément un espace familial, ni forcément professionnel au sens collègue de travail, ou même sphère professionnelle. J’avais vraiment envie d’être dans un espace où où on croise des regards qui ne se croiseront pas forcément, pour toucher plus grand et sortir de ma propre sphère de travail. Le milieu du soin est un milieu très organisé, très réglementé, et j’avais besoin d’en sortir un petit peu me challenger et pouvoir un peu plus grand. Donc je dirais que là, après avoir….
    OMBELINE
    Et déjà, je voudrais aussi te reconnaître parce qu’il y a très très peu de libérales qui se reconnaissent comme entrepreneurs.
    ANAÏS
    C’est vrai.
    OMBELINE
    Donc déjà t’avais cette perception-là, et t’étais peut-être aussi en quête d’une expansion qui n’est pas forcément courante dans le milieu paramédical ?
    ANAÏS
    Non. Oui, oui, je pense. Mais je ne le savais pas. Disons que ça m’a guidée comme un peu une conscience au départ, tu fais des choix, j’ai travaillé dans l’institution, j’ai changé d’institution pour ensuite ouvrir un cabinet avec mon associé, tout ça au départ je me suis dit, enfin j’ai avancé sans vraiment le comprendre et puis arrivé dans ce lieu je me suis dit bon ok, Bon, maintenant on fait quoi ? Qu’est-ce qu’on en fait ? Voilà, c’était déjà un peu fou. Et puis, en fait, il est très bien ce lieu, il est bien en place. Et qu’est-ce qu’on met dedans ? Qu’est-ce qu’on en fait ? Et puis moi, qu’est-ce que je fais là-dedans ? Donc, oui, oui, c’est vrai que je pense que je ne le savais pas ou en tout cas, je n’avais pas des mots comme ça dessus. Mais du coup, de les poser, de venir les penser aussi avec d’autres énergies qui ne sont pas celles que je côtoie tous les jours, moi, ça m’aide énormément. Et parce que je pense que mon travail m’amène aussi à la frontière entre… Déjà, tous les jours, le handicap nous amène à la frontière de plein de choses. On n’est pas en situation de handicap que chez soi, que au travail ou que en rééducation. Soit on avance, on se transforme partout, tout le temps. Soit c’est trop dur, en fait, aussi, d’avancer à un endroit et pas à un autre. Des fois, c’est pire que… que de ne pas avancer du tout. Donc je pense que j’ai déjà choisi un travail qui me mettait au centre de beaucoup de domaines. Le domaine du soin, du médico-social, de la vie ensemble, de la collectivité. C’est déjà l’articulation de tout ça. J’ai ça vraiment moi dans ma vision du handicap et c’est ce que j’ai reçu des enseignements de l’école aussi. Je crois profondément à l’importance de garder ça en tête, que le handicap, ça fait partie d’une personne. Et donc ça, moi, ça m’a mise sur un chemin aussi de croiser des regards.
    OMBELINE
    Et puis moi j’ai vraiment découvert le métier d’ergothérapeute aussi avec toi. Et c’est vraiment un métier qui est au cœur de plein d’autres métiers.
    ANAÏS
    Oui.
    OMBELINE
    Tu vois, quand t’accompagnes les enfants, t’es en lien avec l’école. où tu es en lien avec l’employeur. Pour les adultes, il y a évidemment l’adaptation du lieu de vie. Il y a aussi l’aspect juridique. Il y a les assurances. Il y a plein de choses. Il y a évidemment le social. Mais je trouve qu’il faut aussi que dans ta posture, tu sois en mesure de créer ce lien aussi bien avec ton patient qu’avec plein d’autres experts qui gravitent autour de cette personne.
    ANAÏS
    Oui.
    OMBELINE
    Tu fais le lien un peu entre tout ça.
    ANAÏS
    C’est vrai.
    OMBELINE
    Oui, oui.
    ANAÏS
    Oui, oui.
    OMBELINE
    Et c’était un peu aussi ta vision avec le lieu, finalement.
    ANAÏS
    Exactement. Exactement. Oui, oui, on a rénové une maison dans un quartier. Enfin, je veux dire qu’il était une maison avant, qui est devenue un cabinet médical, mais pas un lieu de soins, mais qui était une maison. Il y a un jardin. Nos patients nous disent d’aller où ta chambre, quoi. Donc, c’était important pour nous aussi de ramener le soin dans la cité aussi. C’était vraiment quelque chose de très important pour nous aussi quand on a pensé ce lieu.
    OMBELINE
    Et puis il y a le symbole de la maison.
    ANAÏS
    Oui, évidemment. Et du lieu de vie, bien sûr.
    OMBELINE
    Donc ça c’était ta première étape, tu nous dis. Tu pourrais la résumer, cette première étape ?
    ANAÏS
    La première c’est accepter, la deuxième c’est m’inscrire dans un collectif. La deuxième c’est définir ma vision, vraiment assumer cette nouvelle posture. Je mets des mots sur ce que je suis en train de transformer, même si je le fais inconsciemment, j’ai quand même besoin d’un temps où je l’ai posé, même si ça n’avait pas la même intensité, pas la même vibration que ce que ça a aujourd’hui. que je l’ai diffusé dans du collectif et que je l’ai travaillé encore un peu plus en profondeur, mais il y a quand même une première étape de définition de pourquoi mon entreprise, pourquoi ce chemin entrepreneurial, pourquoi j’en suis venue là, voilà. Mettre vraiment les bons mots dessus, ça, ça a été une première étape, une seconde étape importante. Et après cette étape…
    OMBELINE
    Le fil rouge de ton parcours et trouver ton parcours.
    ANAÏS
    Exactement. Trouver mon pourquoi, ma vision. Exactement. Ça, c’est vraiment la deuxième étape qui a été une… Moi, je dirais que c’était au mois août-septembre de l’année dernière, où elle s’est vraiment réinstallée un peu plus, voilà.
    OMBELINE
    Alors la première fois, j’ai la vidéo. La première fois que tu l’as exprimée, c’était dans un programme de groupe, je crois que c’était en juin.
    ANAÏS
    Ah oui, c’est vrai. En juin 2023. Je pense que je l’ai exprimé depuis le temps que ça monte un peu au premier niveau. que je la redigère, qu’on la redéfinisse, qu’on la calibre bien, qu’on la fine un petit peu ensemble. Oui, tu vois, ça t’amène l’été. L’été, le temps des vacances où tout mûrit un petit peu.
    OMBELINE
    Oui, c’est le temps que ça descende en fait, et que tu l’intègres, et puis que tu l’acceptes, que tu dises oui.
    ANAÏS
    Exactement.
    OMBELINE
    Il y a différentes étapes. La vision, est-ce qu’elle est venue après ou est-ce qu’elle était déjà là ?
    ANAÏS
    Je pense qu’au fond de moi, j’ai toujours eu cette vision parce qu’elle a porté mes accompagnements, ma façon de travailler, d’accompagner, de faire ce lien que tous les ergots ne se sont pas forcément appelés à faire. Disons que moi, je ne sais pas faire autrement quand même. Souvent, même mon mari me dit peut-être en faire un peu moins.
    OMBELINE
    Non.
    ANAÏS
    Ce n’est pas juste pour moi. Je pense que ça a toujours été à l’intérieur de moi, mais j’aime bien mettre ces deux plans de ce qui m’a animée tout au long, que je ne comprenais pas forcément, et ce que j’ai mis à ma conscience depuis juin, juillet, août, tout ce travail de cette année. mis en lumière, accepté, posé des mots rendus vraiment concrets dans mon esprit, quoi. Voilà. Et ça, c’est pas une étape… Je dirais que c’est pas une étape si facile que ça, quand même, dans le sens où… Là, on pourrait croire que, ouais, on est toujours porté et tout, mais en fait, il faut quand même l’assumer, c’est ce que tu dis. C’est-à-dire, il faut quand même embrasser cette mission, enfin, cette vision, disons, pas cette mission, mais cette vision de se dire, bon, OK, je choisis ça et… Et ça, ça va être aussi au-dessus de moi, en fait. C’est-à-dire qu’on ne va plus parler que de moi, mais de ce qui est important, de ce que j’ai à cœur de développer pour notre société, pour mes enfants, pour mes patients. Enfin, voilà. De vraiment… Et de mettre ça un peu au-dessus, quand même. Enfin, même pas un peu, complètement.
    OMBELINE
    Ou en avant de toi, peut-être, aussi.
    ANAÏS
    Oui, peut-être en avant. Oui, en avant de moi. Et c’est à la fois hyper inspirant parce que du coup, ça m’aide beaucoup. Du coup, ce n’est plus la question de juste moi. Donc, dans la posture que je dois prendre, ça m’aide à la prendre beaucoup mieux. Mais de l’assumer au tout départ, ce déclic-là, je pense que je n’aurais pas pu l’avoir cru seul.
    OMBELINE
    Parce qu’entre le moment où tu prends conscience de cette vision de ta singularité aussi dans ton métier et de ce pourquoi, après il y a pas mal de up and down quand même.
    ANAÏS
    Oui.
    OMBELINE
    Il y a des moments en doute et ça prend un certain laps de temps pour pleinement s’approprier ce pourquoi et cette vision. Parce que forcément, il y a le syndrome d’imposteur et compagnie.
    ANAÏS
    Exactement. Et puis, il y a « Bon, maintenant que je l’ai, qu’est-ce que j’en fais ? » aussi. C’est-à-dire ?
    OMBELINE
    C’est-à-dire de la vision ou du salon.
    ANAÏS
    De la poste ? Non, les deux, en fait. Les deux, c’est-à-dire que… La vision, maintenant que je l’ai, j’ai plein de superbes projets. OK, comment je les mets dans mon quotidien de tous les jours ? Qu’est-ce que je mets en mouvement pour que ça change ? Pour mieux aller au bout, le porter, servir mon message. Et en même temps, il y a le syndrome de l’imposteur parce que ça vient confronter au fait que ça sort de la pratique que j’ai aujourd’hui, de ce que les gens attendent de moi, de ce que les gens ont l’habitude de venir chercher. Alors, ça ne change pas complètement. Je ne suis pas devenue quelqu’un de l’autre. Mais tu peux un peu changer de mélodie, même si tout reste harmonieux.
    OMBELINE
    En fait, tu ne deviens pas quelqu’un d’autre, mais tu deviens encore plus toi.
    ANAÏS
    Exactement. Et forcément, tout le monde ne le comprend pas forcément. Et puis, il y a des fois où on a Moi, j’ai eu une vision à plus long terme, et dans le concret, il faut quand même passer par des étapes de, clairement, je change le message dans mon site internet, potentiellement je vais changer mes tarifs, potentiellement je vais changer ma façon de m’exprimer, je vais aussi peut-être tout simplement au départ changer juste ma posture avec les personnes que j’accompagne aujourd’hui, Peut-être que je vais être plus en conscience de ce que je fais, sans forcément tout bouleverser non plus. Je ne me suis pas arrêtée de travailler. Enfin, il faut se dire que tout ça, ça se fait avec le quotidien qui reste quand même. Simplement, c’est possible parce que, en tout cas pour moi, ça a été possible parce qu’il y a eu un accompagnement et parce qu’il y a eu un collectif qui est la troisième étape. Je ne sais plus à quelle étape on en est, mais qui est là-dedans.
    OMBELINE
    Je me suis arrêtée à, donc la première, accepter mon passé.
    ANAÏS
    Oui.
    OMBELINE
    Ensuite, assumer ma vision.
    ANAÏS
    Oui.
    OMBELINE
    Et mon pourquoi, on va dire.
    ANAÏS
    Exactement.
    OMBELINE
    Et alors la troisième, c’est quoi ?
    ANAÏS
    C’est le… Ben le porter ma transformation dans un collectif.
    OMBELINE
    Ouais, le fait d’être sur le…
    ANAÏS
    Je dirais que le collectif, ça m’a guéri quand même. Alors j’aime pas dire guérir parce que…
    OMBELINE
    Non mais tu peux, parce qu’on parle d’un collectif de femmes.
    ANAÏS
    Voilà. C’est les mots que j’ai utilisés. De faire partie du collectif de femmes que tu animes et que tu portes, moi, m’a guéri, c’est sûr. Et je ne le pensais pas autant. J’y suis allée un peu comme je suis allée dans mon métier. C’est-à-dire que j’y suis allée parce que je sentais que c’était bien de le faire. Mais au départ, quand tu nous avais demandé pourquoi, quelles sont nos attentes et tout, je me suis dit, Juste d’être là, alors que maintenant je saurais dire précisément, là je sais que ça m’a guéri, que ça m’a soutenu et que c’est la dimension collective qui me permet de tenir. C’est pour ça que pour moi, c’est la troisième étape de tenir la première définition de ma vision, de mon pouvoir, sans le collectif, qui est un collectif, du coup, loin de ma pratique, qui est ultra bienveillant et sécurisé. Ça, pour moi, c’est une base de fou dans la transformation. La notion de sécurité, si elle n’y est pas, c’est impossible. En tout cas, moi, je ne pourrais pas soutenir une transformation comme ça. Et donc de se dire, en fait, je vais prendre du temps pour moi, pour un collectif qui n’est pas mes amis, mes enfants, les patients que j’accompagne. Normalement, je ne fais pas ça. Normalement, quand j’ai du temps, je vis des enfants, je vois mes copines, je vois ma famille. Et en fait, de prendre ce temps dans le collectif, de le vivre en présentiel, surtout en présentiel quand même, pour moi c’est vraiment une sorte de guérison et de soutien de la transformation, pour l’amener encore un peu plus haut. C’est une première expérimentation, en tout cas moi je l’ai vécu comme ça, de partage de mon pourquoi et de ma vision. Et du coup, comme il est fait en sécurité, on peut avoir un feedback. C’est pas le monde des bisounours, où tout est beau, où toutes les visions sont jolies, etc. Pas ça du tout, mais un premier feedback de qu’est-ce que ça renvoie ? Est-ce que ça sonne juste ? Est-ce que vous avez l’impression… Est-ce que je ne me trompe pas ? Est-ce que vous aussi c’est allumé pour vous, pour moi ? Et ça, c’est hyper important. Pour moi, c’est très puissant de pouvoir le faire parce qu’une fois que ça s’est calé, j’ai pu ensuite mettre en place des actions plus concrètes sur le site, sur les tarifs, disons que je ne les bouge plus. Je me dis que je tiens ça parce que ce n’est pas forcément ce que je faisais, je ne change pas tout, mais il y a une partie que j’ai changée dans mes accompagnements, que je vais changer encore plus, et je pense que le fait d’être soutenue me permet de ne pas revenir en arrière. Pourquoi ?
    OMBELINE
    Qu’est-ce qui fait que… J’aimerais que tu nous expliques avec tes mots cette notion, tu vois, de tenir l’énergie, cette notion de sécurité. Je l’ai abordé dans la série Permissions de Réussir. J’invite les auditeurs à y retourner, surtout les épisodes 3 et 4. Mais j’aimerais que tu nous dises avec tes mots à toi. C’est quoi tenir quelque chose et c’est quoi cet espace de sécurité ? Parce qu’en soi, t’es pas en insécurité dans ta vie.
    ANAÏS
    Non, non, non.
    OMBELINE
    Est-ce que tu peux nous dire ce que c’est ?
    ANAÏS
    Oui. Déjà, c’est sur deux plans. C’est-à-dire qu’il faut bien se dire que là, on parle d’une transformation qui paraît déconnectée de la vie réelle. C’est vrai, maintenant que je prends un peu du recul. Alors qu’en fait, elle est en place alors que moi, je continue à avoir mes accompagnements pour 80% du temps que je passe au travail, qui sont presque, je veux dire, avec une teinte différente, mais dans le même mécanisme que ce que je faisais au départ. même si je ne le vis pas pareil. J’ai deux enfants dont je m’occupe. La vie, elle continue. Les enfants, ils ont continué à aller à l’école, à être malades. Le crédit, il faut continuer à le payer. Tout ça, ça ne s’est pas arrêté pour ma transformation. Je n’ai pas eu besoin d’un… Et d’ailleurs, je pense que c’est pour ça que c’était possible pour moi, parce que dans la vie réelle, clairement, ce n’était pas du tout envisageable de me prendre un an pour me transformer. Donc ça, il faut vraiment être convaincu, en tout cas, que c’est possible de faire en même temps. Même si c’est sur des plans différents, que la vie continue et que ça n’a pas été un cataclysme et que c’est aussi ça qui permet de soutenir la transformation que je trouve belle pour moi. C’est qu’en plus, elle est accompagnée par le concret de ma vie de couple, de ma vie de maman. Ça a des impacts, mais ça ne définit pas tout. Ce n’est pas des ruptures. Moi, je ne sens pas de rupture. Je sens une progression. Ça, c’est déjà très important, une transformation en progression et en douceur. Même s’il y a des moments de doute, bien évidemment, mais ça ne vient pas tout cas. C’est que des fois, on a l’impression que souvent dans les partages, moi, j’ai entendu aussi, il y a eu des moments de stop, de burnout, avec des vraies ruptures qui ont entraîné un rebondissement. Moi, ce n’est pas mon cas. J’ai eu besoin de mettre un autre sens, mais je n’ai pas eu besoin d’être en rupture avec ce que j’avais créé, j’ai besoin de le transformer pour qu’il grandisse. Donc ça c’est important. Et après, comment je connecte à cet espace de sécurité pour tenir cette énergie, pour moi l’élément, ce qui a fait que j’y ai connecté vraiment, c’est quand j’ai partagé ma vision vraiment lors d’un présentiel, j’ai connecté avec un sentiment moi, de sécurité, très fort. Et c’est comme si, je me suis dit, il était tellement fort et tellement vrai, comme s’il s’imposait à moi. Du coup, je me suis dit, c’est cette énergie que je dois retrouver, en fait. Et je pense que j’étais pas capable de le ressentir sans le soutien du groupe. Et donc, cette énergie, m’a permis de rendre mon message non négociable, parce qu’il sonnait tellement juste à l’intérieur de moi, il parlait tellement de moi, mais pas que de moi, c’est-à-dire de moi et de ce que je souhaite apporter dans ma contribution à la collectivité et au monde dans lequel on vit. que, disons qu’aujourd’hui, ça me permet de tenir parce qu’il ne s’agit pas juste que moi et que ça sonne très juste. Et cet espace de connexion, de sécurité, je l’ai senti.
    OMBELINE
    Qu’est-ce qui fait que tu as ressenti cette sécurité dans ce moment-là plus particulièrement ? Qu’est-ce que tu as ressenti à ce moment-là, quand tu as exprimé ta vision ?
    ANAÏS
    Du soutien, beaucoup de soutien. Ça, c’était très fort. Du soutien et tout au long du séminaire, je pense que j’ai compris vraiment aussi que, même si je le savais, je l’ai ressenti, que mon tout le chemin que j’avais fait d’accompagnement pour aller vers ma mission qui est porter l’intégrité des personnes en situation de handicap, et que pour moi l’intégrité c’est l’autonomie plus la sécurité, c’est vraiment ça qui me fait vibrer, je me dis en fait ça parle aussi de moi, c’est-à-dire que c’était aussi mon propre chemin, et je pense que de connecter au fait que ça parlait aussi de moi, enfin déjà de moi, et qu’en fait j’ai été allée pour ça, certainement, m’a permis de me dire qu’en fait, du coup, moi, ça m’a élevée à un autre niveau, que moi, comme ça, avec cette vision, toute mon imperfection, j’ai été accueillie en sécurité dans un groupe qui me disait « Ok, en fait, ta vision pour toi, c’est d’accord, et puis en plus, pour un collectif, c’est encore plus d’accord. » Donc, il y a eu une forme de validation quelque part, même si c’était pas du tout, ah bah ta vision elle est bien alors que la tienne elle est pas, c’était pas ça, mais il y a quand même eu cette notion de confiance et de, tu sais, validation des pairs quoi, tu vois, qui en fait était quand même importante pour moi quelque part, voilà.
    OMBELINE
    Bien sûr, et c’est aussi la force de la sororité. En tant que femme, on n’est pas capable de réussir juste pour notre gueule. On a besoin de contribuer et on a besoin d’être soutenu par un collectif de femmes. On devient leader au milieu d’autres femmes leaders.
    ANAÏS
    Exactement, tout à fait. Oui, oui. Et je pense aussi que ça m’a aidé, tu vois, de connecter à cet espace de sécurité, moi, dans le groupe de collectif. Ça m’a aidé à comprendre ce que moi, je tenais pour les gens que j’accompagne aussi, qui était important, tu vois. Parce que du coup, j’ai compris qu’on parlait aussi de ma… Enfin que mon pourquoi parlait aussi de mon propre chemin d’acceptation, même si j’ai pas un handicap à proprement parler. L’intégrité, c’est vraiment quelque chose… qui m’était quand même un peu étranger. Enfin, pas étranger, mais… Pas étranger, mais pas conscient. Non, j’avais beaucoup de porosité quand même. Vous pouvez absorber beaucoup. Je mettais pas forcément de l’huile, pas forcément de barrière. Et en fait, de le reposer pour moi, de voir combien ça me soutenait moi, me permet d’être mieux aussi dans ma position d’accompagnante et de thérapeute aujourd’hui.
    OMBELINE
    Donc ça, c’est le troisième point, le soutien du collectif. Peut-être aussi que dans ce soutien, il y a la notion d’investir.
    ANAÏS
    Ah oui, oui, bien sûr. Tu veux dire d’investir en moi, financièrement ? Bien sûr, évidemment.
    OMBELINE
    Tu te souviens, au moment où tu devais prendre la décision, c’était ça l’enjeu en fait.
    ANAÏS
    Oui, oui, oui. Et puis du coup, mon rapport à l’argent a totalement changé d’ailleurs. Depuis que j’ai investi dans mon accompagnement, je me dis que c’est hyper possible. Mais parce que je pensais aussi que, tu vois, je pense que j’étais avec toutes ces choses de rupture, parce que quand tu fais un gros investissement, tu te dis, waouh, du coup, je vais le mettre là, c’est-à-dire que je ne vais pas le mettre ailleurs. Donc, peut-être, je vais mettre en difficulté, je ne sais pas, le reste du monde, quoi. Enfin, je n’en remets pas du tout. En fait, ça va bien se passer. Et puis, je vais le régénérer aussi. Donc, il y a quelque chose de beaucoup plus fluide que moi, alors que moi, je mettais beaucoup de rigidité dedans. dans l’argent, dans l’argent que je devais investir. Et là, ça m’ouvre encore plus sur l’aspect inconditionnel de l’accompagnement que j’avais. Mais disons que là, dans l’investissement en coaching, c’est un investissement franc à un moment donné, pas comme un accompagnement en thérapie où c’est au compte-goutte à chaque séance.
    OMBELINE
    Oui, et il y a peut-être une notion qu’on peut préciser aussi, c’est que c’était un deuxième investissement. Parce qu’on avait déjà eu le coaching privé, et le collectif c’est une opportunité qui est arrivée pendant le coaching privé.
    ANAÏS
    Ah oui, oui, oui.
    OMBELINE
    Et donc, il y avait cette question qui était très importante à te poser avant de prendre ta décision. Est-ce que j’investis pour vraiment soutenir mes intentions et ma vision ou est-ce que j’investis parce que j’ai peur ?
    ANAÏS
    Oui.
    OMBELINE
    Est-ce que c’est un investissement de trop ou est-ce que c’est un investissement juste ? Enfin, tu vois, il y a eu aussi toutes ces questions qui sont très importantes. Et malheureusement, il y a beaucoup de femmes sensitives entrepreneurs qui investissent par peur et qui délèguent leurs pouvoirs et qui, finalement, continuent de créer cette insécurité.
    ANAÏS
    Oui. Oui, oui, ça, c’est sûr. Ça, c’est sûr. Tu me rappelles bien que, oui, Donc.
    OMBELINE
    De vraiment trouver cette espèce d’investissement à partir de ta puissance en fait, de ton intégrité.
    ANAÏS
    Bien sûr.
    OMBELINE
    Tu voulais dire quoi ?
    ANAÏS
    Non, et je disais en plus au final, l’investissement aujourd’hui, c’est plus du tout dans… Si ça a pu être une inquiétude avant, au final, maintenant, pas du tout. Voire même, du coup, je me dis, tiens, je peux faire telle ou telle formation. Ça a aussi changé mon rapport à l’argent, à la fluidité de l’argent. Et même dans ma façon d’accompagner, je me dis, Peut-être que ça peut prendre plus de temps de choisir de le faire, parce qu’il faut être sûr de pouvoir dépasser sa peur en fait, si on a peur que ce soit un frein, mais pour y aller pour les bonnes raisons. Et du coup la transformation elle est là aussi, alors que peut-être que si c’est trop simple, je ne dis pas qu’il faut que tous les accompagnements soient à 300 000 euros, ce n’est pas la question, mais ce que je veux dire c’est que quand ça représente un investissement, ça pose, ça nous oblige à poser l’intention de cet investissement et de ce que l’on va en attendre et de comment on va le transformer en fait.
    OMBELINE
    Oui, et là je précise aussi quelque chose parce que ce n’est pas le cas partout. C’est comment j’exploite cet investissement et pas de se dire plus j’investis cher, plus je vais être sauvée ou plus on va m’amener des solutions miracles. J’en rencontre des femmes qui ont investi de cette façon-là en disant si j’ai investi beaucoup, ça veut dire en gros que ce coach ou ce mentor va me sauver. Non, non, bien sûr.
    ANAÏS
    Non, là, c’est pas du tout le.
    OMBELINE
    Cas et c’est important de le préciser. C’est vraiment une posture d’investissement à partir de ton intégrité.
    ANAÏS
    Oui, en fait, ça correspond à ce que j’ai pu faire au congoutte, mais en une fois. Voilà, en fait, c’est vraiment des montants qui se comparent tout à fait. Il n’y en a pas un qui vaut huit fois plus que l’autre, pas du tout. Simplement, le fait d’engager aussi en une fois fait qu’on prend conscience de l’énergie qu’on va déposer et de ce qu’on va vouloir transformer. Enfin, voilà. Mais c’est pas… Moi, si ça avait été… de cinq fois plus, je ne l’aurais pas fait parce que pour le coup, ça m’aurait vraiment mis en insécurité et que là, j’aurais perdu mon pouvoir complètement. Je me serais dit, il ne faut plus la sauver, il faut l’investir. Donc, évidemment. Et c’est ça que permet la transformation, je trouve, en individuel puis en collectif, c’est cette notion que, aussi, quand on fait partie d’un collectif, on reprend notre unicité aussi, parce qu’on est chacun, on est plusieurs personnes, donc on rejoue notre pouvoir de prendre notre place dans ce collectif, Evidemment, pour moi, c’est peut-être plus facile parce que le collectif, il est sécurisé, donc forcément, c’est porteur. Mais je pense que c’est vraiment important d’avoir ça en tête parce que des fois, je pense que, moi en tout cas, je pensais que ce serait plus transformateur un pour un. Et moi, ça m’amène même à me questionner sur la façon dont je pratique. parce que je pense que le collectif est sous-utilisé.
    OMBELINE
    Oui, et puis il y a le côté en ligne et présentiel aussi, sur lequel tu te questionnes aussi. Je pense qu’aujourd’hui, c’est un accompagnement un peu multidimensionnel qui est nécessaire, c’est-à-dire aussi bien du one-one que du groupe, que du présentiel et du digital. C’est quelque chose de complet.
    ANAÏS
    Oui, exactement. C’est ma conclusion aussi. Mais c’est sûr que sans présentiel, nous, sur ce moment de séminaire partagé, il y a une énergie et tu l’as dit, je ne sais pas, il y a une rapidité dans la transformation et dans ce que ça peut amener, une intensité et une rapidité qui contribuent à la sécurité et à à après pouvoir le prendre pour le ramener dans notre quotidien. Parce que c’est important, c’est aussi à ça que sert un accompagnement et un présentiel. Ce n’est pas qu’à se voir sur trois jours, c’est sympa, mais il faut pouvoir en ramener et être porté par ça dans notre quotidien aussi pour pouvoir traverser les moments de doute, tenir, même si on ne sait pas trop pourquoi, pour pouvoir ne pas tout envoyer balader parce que… Parce que des fois ça arrive. Oui, exactement.
    OMBELINE
    J’aimerais revenir sur cette notion d’insécurité parce que je pense que c’est vraiment clé. D’ailleurs, c’est peut-être une des étapes C’est peut-être une des étapes, je ne sais pas dans quel ordre elle arriverait, mais cette prise de conscience d’être en sécurité. Et donc de changer l’espace à partir duquel tu agis avec tes clients ou avec tes patients. De changer l’espace à partir duquel tu prends tes décisions. Et donc pendant un certain temps, et ça, là on parle de toi parce que c’est toi qui es au micro, mais je le retrouve dans tous mes accompagnements et même dans le collectif, cette notion d’insécurité est extrêmement présente. Est-ce que tu te souviens de ce moment où tu as switché ? Ça arrive encore évidemment des moments où on se remet dans l’insécurité, dans le doute, etc. On n’est pas là pour dire qu’après, une fois qu’on a passé ça, tout va bien et que tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais est-ce que tu te souviens de ces étapes où tu étais dans l’insécurité, où tu agissais dans l’insécurité, ou à partir de l’insécurité, ou par peur de l’insécurité ? Et est-ce qu’il y a changé ?
    ANAÏS
    Moi je pense que l’étape vraiment, et tu vois finalement je l’ai notée en quatrième, tu vois. Ah ben c’est ça alors oui, c’est la quatrième étape. Je me demandais ce que c’était et puis je viens de l’avoir. Je disais que la dernière étape, c’est que du coup, une fois qu’on a connecté à la sécurité, moi, ça me permet de créer à partir de cet espace de sécurité. Et donc, c’est beaucoup plus inspirant pour moi. Et je dirais que j’y ai connecté au moment du séminaire. Vraiment à la sécurité, vraiment, pas trop discutable. Voilà. Dans l’avion, dans l’accompagnement, il y a ce qui est présent, donc on veut toujours que ça soit là maintenant, ok, qu’est-ce que je fais maintenant ? Puis en fait, il faut aussi que ça nous porte un peu, pas juste que maintenant, parce qu’il y a des choses maintenant, là, tout de suite, dans les quinze prochains jours, ça ne va pas forcément changer. Parce qu’on tient des grêles et donc justement, quand on est porté par la sécurité et par l’avion, ça fait que les grêles, on les arrose et que du coup, elles vont pousser et qu’on n’en voit pas tout balader. Et je dirais que j’ai eu la sensation que tout s’articulait et se reconnectait, peut-être au séminaire, puis 15 jours après, tu vois, le temps que ça redescend, on rentre de vacances, etc. Je dirais que là, je me suis dit, waouh, en fait, ça y est, j’ai compris, je sais par quelle étape je veux aller, j’ai prévu de faire une autre formation. Et donc, cette autre formation m’amène encore, moi, à me positionner peut-être à un autre moment, encore autrement.
    OMBELINE
    On peut peut-être le dire, d’ailleurs, quelle formation tu as.
    ANAÏS
    Un petit clin d’œil, vas-y. La formation Homme. de l’atelier home, ma formation est prévue pour début juillet.
    OMBELINE
    C’est important aussi parce que je trouve que tu incarnes très bien cette notion de « j’ai ma vision ». Je ne me laisse pas influencer par les up and down, par les moments de doute, etc. Je continue mon chemin et je sais aussi que tout est une question d’évolution de conscience, de transformation, d’actes, que mes décisions doivent être prises aussi à partir de cette vision et qu’il y a des compétences à développer.
    ANAÏS
    Oui.
    OMBELINE
    Et donc effectivement, c’est un peu pour ça que tu as choisi d’investir aussi dans l’école C’est pour acquérir de nouvelles compétences qui vont te permettre de réaliser, de servir ta vision.
    ANAÏS
    Exactement. Oui. Et là, je me dis après, ça peut ouvrir des possibles sur… d’autres choses plus tard, des partenariats, ce genre de choses. Mais la base, c’est qu’il faut que moi, j’incarne pleinement ce croisement de regard que je veux, pour faire les choses correctement aussi. C’est-à-dire que la vision, c’est bien, mais après, il ne faut pas faire n’importe quoi non plus. Moi, j’accompagne des personnes qui sont vulnérables aussi, donc c’est rapide de… de vendre n’importe quoi.
    OMBELINE
    C’est tellement important ce que tu dis, la posture d’intégrité du territoire.
    ANAÏS
    Oui, exactement. Et donc là, moi, j’ai choisi de mêler deux métiers. Je ne sais pas précisément encore qui va ressortir de ça. Je ne peux pas le savoir puisque je ne l’ai pas fait.
    OMBELINE
    Je précise que l’école HOME a été fondée par Miley’s Dawn, qui est intervenue dans le podcast, et c’est une école pour former les architectes intérieurs de demain.
    ANAÏS
    Oui, les homers quand même. Et voilà, moi je crois au croisement des regards. Je savais qu’il fallait que j’aille encore, je me forme aussi au yoga en juin, mais le yoga je dirais que c’est plus, certainement pour moi, pour certains de mes patients, mais vraiment parce que c’est important aussi de savoir comment se reconnecter à cette sécurité, garder la connexion avec soi, et donc moi pour ça le yoga m’aide beaucoup. J’ai aussi envie de le partager avec mes patients, mais ça n’a pas la même vibration que ce désir vraiment d’intégrer cette école pour pouvoir toucher les lieux de vie, presque de A à Z, et pouvoir vraiment le faire correctement, une décennie, enfin voilà, de pouvoir construire des projets vraiment jusqu’au bout, accompagner les gens jusqu’au bout, là je suis prouvant à l’articulation et disons que celle-ci, je sens qu’elle contribue à ma mission, alors que la formation du yoga que je fais, ça va forcément influencer ma pratique, mais c’est avant tout pour moi, voilà. Enfin, je ferai d’autres choses, on s’en sert toujours avec, c’est jamais que pour nous, mais juste pour faire le parallèle entre La vision est ce qui vibre au niveau de mon pourquoi. Et vraiment, ce nouveau métier que je vais apprendre, pour moi, vibre hyper, hyper fort. Et le yoga, il vibre parce que j’en ai besoin pour continuer à connecter à ce sentiment de sécurité aussi.
    OMBELINE
    Oui, bien sûr. Puis c’est le rapport au corps. Et je pense qu’il y a un peu de ça quand tu disais que cette sécurité, tu l’as connectée surtout au séminaire. Est-ce que ça ne serait pas parce que tu l’as vécu dans le corps ?
    ANAÏS
    Si, bien sûr. Dans le corps physique. Oui, oui, oui. Et j’ai vécu le soutien, l’énergie aussi. Oui, oui, à l’intérieur de moi, vraiment. Oui, oui. Donc, comme moi, je l’ai vécu, je peux m’y reconnecter. Déjà, je peux la sentir, donc je peux évaluer son intensité et sa justesse, ou être juste traversée par ce que j’ai vécu. Mais je veux dire, je l’ai vécu, je l’ai ressenti, donc on peut forcément revenir dessus. Ce qui est plus compliqué en distanciel, c’est sans groupe, je trouve, pour moi en tout cas.
    OMBELINE
    Oui, bien sûr. Et pour revenir à cette offre un peu complète qu’on a évoquée, et sur laquelle tu es aussi en train de réfléchir dans ta pratique pour faire évoluer ta pratique, est-ce que tu pourrais nous partager ton expérience sur ça, parce que ce n’est pas facile d’être dans un secteur paramédical, où évidemment les patients ont des référents, des références, ont des… tu vois, une idée des tarifs, une idée d’une façon d’accompagner. Ils ont des attentes très précises aussi. C’est pas facile de changer les codes dans un secteur quand même pas mal conventionné.
    ANAÏS
    Oui. Moi, je trouve que le plus difficile, c’est changer le rythme. Au-delà des tarifs, je pense que la première chose, c’est qu’il y a deux choses qui sont importantes. En tout cas, pour moi, c’est cette notion de… C’est aussi pour ça que j’avais du mal à dire le mot guérison, parce que pour moi, tout est question de transformation. Ce n’est pas une question de… Pour moi, derrière guérison, il y a… On redevient comme on était… Pour moi, c’est des choses qui avancent, qui se transforment et qui sont en devenir, pour tout le monde, tout le temps. On ne redevient pas comme on était avant, quand on a eu un accident. Quand on a eu un enfant, on ne retrouve pas notre corps. On dit « retrouvez son corps d’avant », mais personne ne retrouve son corps d’avant, ça n’existe pas. On a apporté un enfant, on l’a accouché, c’est impossible de retrouver son corps d’avant. Ça ne marche pas du tout. Après, on peut retrouver sa tête.
    OMBELINE
    On ne retrouve rien d’avant, d’ailleurs.
    ANAÏS
    Ça, c’est vraiment quelque chose dans la conception, je trouve, en tout cas moi, du soin et de cette notion de guérison, de « tu redeviens comme tu penses que tu devrais être, comme le monde ou la société attend que tu sois pour continuer à faire ce que tu dois faire ». Et c’est pour ça que j’utilise, parce que je n’ai pas trouvé d’autres mots sur l’importance pour moi du collectif, mais c’est aussi ce qui, à mon sens, est difficile quand on est paramédical ou dans une profession de santé, c’est qu’il y a cette notion de guérison. Quand on vient, on doit guérir.
    OMBELINE
    Oui, parce que guérir dans le milieu médical, ce n’est pas la même notion de guérison que dans le dev perso. C’est ça que tu veux.
    ANAÏS
    Exactement. Oui, oui, oui. Mais du coup, moi, j’évolue dans un monde médical et parapédical. Donc cette notion de guérison, elle est quand même aussi positive qu’elle peut être folle et portée énormément, mais elle peut aussi être dénastatrice quand même, quand on n’y arrive pas, quand ce n’est pas l’objectif.
    OMBELINE
    Quand c’est impossible.
    ANAÏS
    Oui. Et puis, est-ce que c’est vraiment ce qu’on doit porter ? Moi, je me dis ça. Et c’est pour ça que pour moi, la notion d’intégrité, elle est encore plus forte que la notion d’autonomie, parce qu’il y a vraiment… Est-ce que nous, on choisit aujourd’hui ? Moi, j’ai choisi un métier dans le milieu paramédical qui partait d’un dysfonctionnement ou en tout cas de quelque chose qui n’était pas prévu. Une situation qui n’était pas prévue, donc un accident, une maladie, une maladie d’un enfant, l’accident d’un enfant, peu importe, ce n’était pas prévu. Ce n’était pas prévu et ce n’était même pas forcément souhaitable. Et pour autant, c’est là. C’est là, on ne va pas le changer, on ne va pas l’annuler. C’est comme ça, on ne peut pas faire autrement. C’est là et ça impacte. Et comment, avec ça, on peut choisir de transformer ? On peut choisir de continuer à avancer. Pas transformer dans le sens où je ne suis pas en train de dire que c’est toujours super génial, mais finalement, nous, on vient aussi au monde avec notre histoire, nos propres chemins. Et est-ce que notre propre chemin, sans être en situation de handicap, ce n’est pas aussi de continuer à avancer, Malgré les hauts et les bas, malgré les gens qu’on croise qui nous blessent, qui ne nous blessent pas, malgré nos rencontres, grâce à tout ça, on continue à devenir une version encore meilleure de nous, ou pas, mais à devenir quoi qu’il en soit. Sinon on meurt, si on arrête de devenir. Moi, les personnes que j’accompagne et la porte d’entrée de ce chemin de devenir, je dirais, je l’ai avec des personnes qui vivent quelque chose d’a priori dramatique, de toute façon, avec beaucoup de souffrance et beaucoup de douleur. Mais moi, je crois que de donner une place vraiment à ça, pour le coup, ça nous guérit tous, quand même. aussi.
    OMBELINE
    Et oui, et oui. Et peut-être, tu vois, peut-être que c’est ça la clé pour que ce soit un changement sociétal. Tu parlais, enfin, je sais que dans ton message, il y a cette notion de société inclusive, mais le problème dans notre société, c’est ce déni et c’est que sur ces personnes qui sont en situation de handicap et de vulnérabilité, on fait, on voudrait une société inclusive, mais comme si de rien n’était.
    ANAÏS
    Exactement, voilà.
    OMBELINE
    C’est ce qui ne fonctionne pas, ni dans les entreprises, ni dans les collectivités, ni pour les enfants, ni pour les adultes, ni dans les lieux de vie finalement. On ne peut pas faire comme si de rien n’était, on ne peut pas faire comme si un jour ça allait redevenir comme avant. Il y a vraiment ce chemin de conscience, d’acceptation, de reconnaissance.
    ANAÏS
    Oui. On ne peut pas, et puis de toute façon, ce n’est pas la vie. C’est la même chose avec les enjeux climatiques, c’est la même chose avec tout en fait. C’est comme ça. Moi, je vis dans une région où il y a beaucoup moins d’eau. Je veux dire, c’est comme ça. On peut choisir de faire comme si ça n’existait pas. On peut pas vraiment, mais on peut imaginer qu’il y en a qui le font parce qu’on se fait livrer de l’eau d’ailleurs, etc. On peut imaginer plein de choses. qu’il y a moins d’eau. Donc, on peut aussi choisir de se dire que le fait qu’il y ait moins d’eau, nous, on responsabilise chacun sur nos façons de faire. Nous, on responsabilise chacun sur la possibilité de créer autrement une autre maison. Mais je veux dire, c’est quelque part une situation de handicap que nous, on vit au travers de notre région qui a moins d’eau. Donc, voilà, on peut choisir de continuer à vivre exactement comme avant ou on peut choisir de faire autrement. Mais de toute façon, c’est la vie.
    OMBELINE
    C’est les contraintes, en fait. Les limites, les contraintes, il y en a partout.
    ANAÏS
    Et le handicap, la maladie font partie de ces contraintes, de la vie. Et quelque part, on vieillit de toute façon tous, qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas. Après, on peut choisir de le vivre comme une transformation ou on peut choisir de le subir en voulant tout le temps rester en arrière. Voilà, faisons nos choix.
    OMBELINE
    Je pense que c’est un peu dans tout comme ça.
    ANAÏS
    Bien sûr, bien sûr. Bien sûr.
    OMBELINE
    Et donc je voudrais revenir à cette question, tu sais, sur comment tu fais pour peu à peu faire évoluer ta pratique pour qu’elle soit alignée aussi à ta vision ? Comment tu fais pour faire évoluer les choses alors que tes patients ont déjà des attentes parce que tu es dans un milieu qui est conventionnel ? Comment tu fais ça ? C’est en chemin ?
    ANAÏS
    Oui, c’est en chemin. Déjà, j’ai eu la chance d’avoir une associée qui m’aide à porter ça aussi dans le concret, donc c’est très sécurisant. On change déjà ponctuellement certaines façons de travailler. J’ai eu la chance aussi de partir en voyage début juillet, donc de pouvoir marquer comme, même si j’avais dit qu’il n’y avait pas de rupture, mais en tout cas comme une parenthèse disons, un espace en tout cas où il y aura un avant et un après. Voilà, un espace suffisamment grand puisqu’il va se passer plusieurs mois où je vais partir et puis je vais continuer. Donc déjà, là, c’est… De pouvoir continuer un accompagnement sans forcément être en présence, ça va forcément amener d’autres façons de travailler. Donc il y aura… Voilà, ça c’est une première chose. L’autre chose, on a choisi aussi un petit peu d’ouvrir et de louer des espaces dans notre lieu pour… pour pouvoir nous dégager du temps et permettre aux personnes qu’on accompagne, à nos patients, d’avoir le choix. de soit continuer avec nous sous un autre format, soit de continuer à faire ce qu’on fait avec quelqu’un en qui on a confiance. On ne peut pas reposer aux gens, ça ne marche pas, c’est eux qui décident. Ça, c’est une chose. Et l’autre chose, je pense que… Déjà, le voyage et le fait de pratiquer différemment et, au travers de ce voyage, proposer deux offres, ça va nettement marquer un tournant dans mon accompagnement. Et le travail en Jésus.
    OMBELINE
    Il y a aussi tes différentes prises de conscience sur ta posture auprès de tes passions. Oui. Qui a évolué ?
    ANAÏS
    Oui. Par rapport à ça, je pense qu’avant, j’avais besoin de faire beaucoup pour justifier le paiement. Déjà, il y a une chose très importante.
    OMBELINE
    La redevabilité.
    ANAÏS
    Exactement. Déjà, parce que moi, je suis sous prescription médicale, mais je ne suis pas remboursée par la Sécurité Sociale. Donc, je dois quand même me faire payer. Donc quand même, quand j’ai commencé l’accompagnement, j’avais énormément, j’avais autorisé énormément de dettes que j’ai rectifiées, presque en totalité. J’avais à cœur de le faire tout seul. J’aurais pu, j’aurais pu déléguer cette tâche. J’y ai réfléchi, mais pour moi, c’était ultra important d’aller au bout de ça. Même si ça me coûtait un petit peu, c’était important pour moi.
    OMBELINE
    Quand tu dis que tu avais beaucoup de dettes, tu peux préciser pour les auditeurs ?
    ANAÏS
    J’avais des impayés jusqu’à… Des impayés, oui, c’est ça. C’est-à-dire que c’est… C’est genre milliers d’euros qui étaient impayés. C’était des passions qui n’étaient pas… Oui, parce que j’avais un retard de facturation. Pas forcément parce que les gens ne voulaient pas payer, parce que moi aussi, je n’envoyais pas les factures. C’est un tout. C’est pour ça que je dis que j’avais laissé s’installer.
    OMBELINE
    Il y a une espèce de culpabilité aussi, d’autant plus avec des personnes en situation de handicap, j’imagine.
    ANAÏS
    Oui, oui, oui. Et cette notion de tiens, quand c’est trop facile, par exemple. Oui, alors ça, c’est important. J’ai accepté. Donc, il y a trois choses. Mon rapport à l’argent, mais du coup, l’autre chose, c’est que j’ai accepté qu’en fait, j’ai pris conscience. Et ça, je reviens par rapport au collectif, parce que quand j’ai partagé ma vision, j’ai vu qu’elle n’était pas forcément évidente pour tout le monde. Parce que du coup, je l’ai repartagé autour du collectif dont je fais partie, mais je l’ai aussi partagé dans mon propre collectif. Et donc, j’ai ouvert les yeux sur le fait que ce que moi, je fais extrêmement naturellement, tout le temps dans ma vie en fait, cette notion de croiser les regards, de penser la difficulté comme un soutien à un, même avec mes enfants, peut-être trop d’ailleurs, parfois, ce n’est pas toujours bien, mais je le fais comme d’autres, comme je me brosse les dents. Et donc, je me disais, ça ne peut pas suffire. Ça ne peut pas suffire que juste ça, ça soit rémunéré. Donc, je me sentais obligée de faire d’autres choses en plus.
    OMBELINE
    Pour combler, pour justifier.
    ANAÏS
    Voilà. Et même que ça me coûte un peu, en fait.
    OMBELINE
    Eh oui, parce que ça, c’est le paradigme de mérite. Oui. Alors que ta zone de génie, c’est justement ce qui est naturel. Même si après, on peut toujours monter en compétence, même dans notre zone de génie, comme là, tu vas te former chez Aum. Mais c’est quelque chose, t’as l’impression que tout le monde fait ça.
    ANAÏS
    Exactement. Exactement. Je me dis, non mais ça va, ça on l’avait déjà dit. C’est pas possible que… Ou de toute façon, cet espace, elle peut l’avoir ailleurs, je veux dire, dans un autre accompagnement. Et en fait, pas du tout. En fait, je me suis rendu compte que pas forcément. Et cette notion de handicap, je me dis, En fait, moi, je tiens l’espace pour qu’il soit pensé à un moment donné. Et ça n’est pas rien. C’est en fait le point de départ quand même. Cette notion d’espace pour tenir une sécurité, pour pouvoir déposer quelque chose qui est compliqué et le transformer. La première étape, c’est quand même de le déposer en sécurité. Sinon, ça ne peut pas se transformer. Et comme moi, ça ne me coûte pas d’entendre ou de recevoir ça, je me dis que ça ne peut pas suffire. Donc ça c’est important, j’ai pris conscience de ça de façon sans prétention. Je ne pense pas que je le fais mieux que quelqu’un d’autre, pas du tout. C’est vraiment, je me dis que j’ai appris à le faire et que je le fais correctement parce que j’ai appris, parce que je me suis documentée, parce que j’ai travaillé sur moi, parce que moi aussi je peux me déposer dans un autre espace pour toutes ces raisons-là. Et puis parce que c’était mon rôle aussi certainement dans ma vie. Donc ça déjà, je me suis dit, bon bah maintenant que je dis ça, bon bah du coup, faut que je me fasse paix. Donc ma posture a changé dans le sens où en fait si, ça suffit. Donc vous me devez temps. Sans même parler de plus, juste ce que j’avais déjà dit. Et donc ça, c’était une étape importante qui est arrivée.
    OMBELINE
    Et ça, c’est hyper important parce que je dis souvent en fait que la culpabilité, c’est une toute puissance cachée. Quand on culpabilise et quand, par exemple, on accepte de ne pas se faire payer ou qu’on ne fait pas cher les tarifs parce qu’en fait, on pense que c’est mieux pour l’autre. En fait, quelque part, on lui vole une partie de son pouvoir.
    ANAÏS
    Exactement.
    OMBELINE
    Donc c’est d’autant plus important que tu aies eu ce discernement parce que tu as en face de toi des personnes vulnérables déjà, à la base, qui ont déjà perdu une partie de leur pouvoir. Donc toi, ton métier, c’est de leur permettre de récupérer ça. Et donc je pense que ta posture est d’autant plus importante.
    ANAÏS
    Evidemment, c’est pour ça que je disais, j’ai laissé s’installer des dettes. Ouais. De façon… Peu importe, je veux dire, mais je prends ma part de responsabilité dans ce que j’ai laissé s’installer.
    OMBELINE
    Oui, puis t’avais pas conscience.
    ANAÏS
    Non, non, non, mais bon, des fois, c’est quand même un peu… Une fois que t’en as conscience, c’est quand même important de le poser pour dire « là, j’ai laissé s’installer trop de dettes, je suis désolée, maintenant on va faire autrement, c’est mieux pour tout le monde ». En fait, ça n’a pas eu de rupture, ça a juste permis à chacun de reprendre sa place et il y a des gens qui continuent encore à me régler et qui continuent à avancer quand même. Il n’y a pas eu de rupture avec moi, on est quand même en lien, même si je ne les accompagne pas en présence aujourd’hui parce que le temps que tout ça s’équilibre, je vois que ça leur a quand même permis. que, en fait, cette dette que j’avais laissée s’installer, ça les emprisonnait eux aussi, en fait. Bien sûr. Et ça, c’est très important quand même, dans les choses qui ont bougé dans le concret et que j’ai déjà changé. même si tout n’a pas changé, c’est déjà une base qui permet de continuer à se transformer. Si cette base-là n’a pas changé, j’ai beau réfléchir à tous mes tarifs, rien ne changera.
    OMBELINE
    Bien sûr. Puis, il y a autre chose qui a changé aussi, c’est de dire à tes patients ou de dire, vous n’avez pas forcément besoin que je vous accompagne de la façon dont vous avez l’habitude qu’un ergot vous accompagne. On peut faire les choses différemment. Et cette façon de faire différemment, ça les remet aussi dans leur pouvoir. Sauf que j’imagine qu’il y a des patients qui n’ont pas très envie d’être remis dans leur pouvoir et leurs responsabilités.
    ANAÏS
    Non, exactement. Ça fait partie… J’en parlais avec un ergot que j’aime bien, qui réfléchit sur tout, qui a interrogé plein d’ergots et qui a… Du coup, il y a eu plein de visions de notre travail. C’est très intéressant. On parlait ensemble et il me disait que de changer de posture, il faut aussi accepter ou en tout cas prendre le risque de ne pas toujours être reçu comme on l’attendrait, puisque l’on fait un pas de côté. Donc, oui, je dirais qu’avec les patients que j’accompagnais déjà, la transformation, pour le moment, elle s’installe. Je dirais que c’est plus sur les nouveaux. Parce que les gens que j’accompagne déjà depuis un long moment, de toute façon, le chemin est en place, donc eux ce qu’ils veulent c’est qu’on continue à avancer. Ça leur va bien que je me transforme pour continuer à les aider, mais il n’y a pas besoin de comparer, on a déjà une relation de confiance. Pour les nouveaux, pour certains, je dirais qu’il y a des suivis tarètes, mais ce n’est pas primal parce que de toute façon, c’était important. Et pour les nouveaux, je verrais. Mais je pose l’intention que ce n’est pas discutable, par contre. Moi, c’est non négociable. Parce que j’ai pris la mesure de ça et que… Et là… C’est une expertise aussi. Oui. Et du coup, je me dis plus que dans un avenir plus loin, je préférerais avoir un système de dispensaire pour vraiment pouvoir… Parce que ce qui pose problème, c’est la partie financière. C’est pas trop la posture, c’est aussi la partie financière de payer un montant important, quand les gens vivent avec un minimum et une précarité, même s’ils ont envie, ils n’ont pas la possibilité matérielle de le faire. Donc moi, je préférerais pour ce type d’accompagnement pouvoir carrément offrir via une autre façon de faire que je n’ai pas encore réfléchi, mais pouvoir accompagner en posant l’intention que c’est que c’est comme ça, qu’eux ne peuvent pas payer et qu’on trouve un modèle pour que ce soit possible, et tenir les tarifs que je veux dans un autre espace. Je m’ouvre à cette possibilité parce que c’est quand même important pour moi de continuer à accompagner toutes les personnes dans ces situations.
    OMBELINE
    Et puis, il y a aussi d’autres types de modèles économiques qui se développent. On ne va pas aborder tout ça aujourd’hui. Peut-être que tu reviendras dans le podcast pour nous raconter ça dans un an, tu vois. Et puis, il y a aussi une confidentialité dans tout ça qui n’est pas forcément juste de partager. Mais donc c’est simplement pour dire qu’à partir du moment où on s’ouvre à notre vision, à notre pourquoi, et qu’on ose s’élever à ce niveau-là, ça a fait bouger les lignes partout. Et je pense que c’est important de le préciser. On arrive un peu à la fin de notre entretien, ma chère Anaïs. Qu’est-ce qui aurait besoin d’être ajouté pour que ça te semble complet et que les auditeurs repartent avec le message qui te tenait à cœur ?
    ANAÏS
    Peut-être que des fois juste se poser, faire un pas de côté en se disant que permettre à quelqu’un que nous on identifie comme étant vulnérable nous permet nous aussi de nous transformer différemment. Et qu’on a tous la possibilité, d’une façon ou d’une autre, d’avoir un rôle là-dedans. En tout cas, de choisir de pouvoir avancer. Mais ce n’est pas que pour l’autre qu’on le fait. De se dire qu’en fait, ça va forcément nous toucher nous aussi.
    OMBELINE
    Oui, c’est comme quand on part en mission humanitaire. En fait, ça nous transforme beaucoup nous-mêmes aussi.
    ANAÏS
    Oui. C’est gagnant-gagnant quoi. Et c’est quand on part du principe que c’est gagnant-gagnant que c’est intégré.
    OMBELINE
    Exactement. En fait, c’est toute cette notion d’inclusif, de non rupture, de réunir et pas de séparer. Et c’est pas l’autre ou soit, c’est l’autre et soit. Je pense que toutes ces valeurs sont importantes pour l’avenir de notre société. En tout cas, un grand merci à Anaïs pour la richesse de ce que tu nous as partagé. Je mets bien évidemment dans la description de cet épisode les liens vers votre site internet pour que les personnes découvrent aussi votre cabinet, les personnes qui sont à Perpignan. Allez-y et puis continuez à suivre Anaïs parce que moi je sais ce qui s’en vient et je vous garantis que vous allez avoir envie de savoir ce qui s’en vient. Merci. Pour terminer Anaïs, qui aimerais-tu entendre dans ce podcast ?
    ANAÏS
    J’ai réfléchi parce que comme j’avais des vêtes et les autres…
    OMBELINE
    Quand t’es une habituée du podcast, tu.
    ANAÏS
    Sais que je pose cette question. Alors du coup me vient… Moi je trouve que toutes les personnes qui ont fait partie de notre collectif ont un super message à passer, ça c’est une certitude, voilà, et que je trouve ça hyper inspirant le chemin de chacune, donc je vais pas toutes les nommer mais en tout cas elles en font partie, j’y pense évidemment. Et après, il y a deux personnes auxquelles je pense qu’il y en a une. Je ne sais pas si c’est possible, mais je pense que le chemin d’entrepreneuriat, c’est un homme. Alors je sais que la saison 2 est 100 % féminine. Ouais, mais il y aura d’autres saisons. Alexandre Jolien.
    OMBELINE
    Ah oui, très bien.
    ANAÏS
    Et je pense qu’il a un parcours. Je pense qu’il est entrepreneur. Enfin, en tout cas, à mon avis.
    OMBELINE
    C’est un entrepreneur, oui.
    ANAÏS
    Voilà. Et je pense qu’il a un message fabuleux et moi qui ne le trouve pas particulièrement, mais je le trouve très inspirant.
    OMBELINE
    Oui, très bonne recommandation. Et la deuxième personne ?
    ANAÏS
    Et d’ailleurs j’ai découvert Camille Thomas dans le podcast, pas de souci. Elle partage aussi son journal Entrepreneur que j’ai bien aimé l’écouter. C’est parce que c’est une femme et que la saison 2 est en comédie. Mais j’aime aussi beaucoup, je trouverais ça super, un échange avec Alexandre Joule. Avec qui je ne l’ai jamais échangé, mais que j’ai beaucoup entendu parler, que j’ai beaucoup lu et que je trouve très inspirant.
    OMBELINE
    Et puis s’il y a des auditeurs qui peuvent me mettre en contact avec Alexandre Joulien, afin qu’il puisse avoir un espace dans le podcast Vérité. Magnifique, merci beaucoup Anaïs.
    ANAÏS
    Merci Angeline de cet échange, merci beaucoup.
    OMBELINE
    Et puis nous on se retrouve très vite et avec les auditeurs aussi.
    ANAÏS
    Merci, à bientôt.

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